Obama vers une victoire au Congrès américain sur l'Iran

Le président américain Barack Obama à la Maison Blanche à Washington le 25 août 2015 [MOLLY RILEY / AFP/Archives] Le président américain Barack Obama à la Maison Blanche à Washington le 25 août 2015 [MOLLY RILEY / AFP/Archives]

Le suspense est terminé : Barack Obama devrait ressortir victorieux de la bataille au Congrès américain sur l'accord nucléaire avec l'Iran, après le ralliement de suffisamment de sénateurs mercredi en prévision du vote qui aura lieu en septembre.

 

Depuis le 14 juillet, le président américain et son administration faisaient le siège du Congrès pour convaincre les parlementaires de ne pas torpiller le texte signé par les grandes puissances et Téhéran à Vienne.Le Congrès s'est en effet arrogé le pouvoir de passer en revue le texte et d'en empêcher éventuellement l'application par la partie américaine, ce qui maintenait un grand point d'interrogation sur la voie diplomatique engagée par Barack Obama.

Si les républicains, majoritaires, avaient immédiatement annoncé leur opposition, le doute persistait sur la capacité de Barack Obama à rassembler suffisamment de voix démocrates pour leur faire barrage.Mais avec le ralliement mercredi de la sénatrice démocrate Barbara Mikulski, et d'au moins 34 sénateurs sur 100 au total, tous démocrates, Barack Obama peut désormais compter sur une minorité suffisante pour lui assurer une victoire, de justesse.

 

Cette résolution interdirait à Obama de lever les sanctions contre Téhéran

Les chefs républicains du Congrès ont prévu de mettre aux voix, avant le 17 septembre, une "résolution de désapprobation" de l'accord nucléaire. Cette résolution interdirait à Barack Obama de lever la plupart des sanctions américaines contre Téhéran, comme l'accord international le prévoit en contrepartie de l'engagement des Iraniens à ne pas fabriquer d'arme nucléaire.Cette résolution devrait être adoptée dans un premier temps, car les républicains ont à eux seuls la majorité absolue dans les deux chambres du Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat.

Barack Obama opposera son veto à la résolution, forçant de nouveaux votes, mais cette fois avec une majorité de deux tiers requise dans chacune des deux chambres.Même si la Chambre des représentants votait in fine contre Barack Obama, l'échec prévisible des républicains dans le seul Sénat garantit que le Congrès ne sera pas capable de couler l'accord nucléaire."Les démocrates ont gagné, l'accord sur l'Iran est fait. Avec Mikulski, Obama a toutes les voix dont il a besoin", a reconnu le numéro deux des sénateurs républicains, John Cornyn.

 

Vote de conscience 

Les démocrates disent n'avoir pris leur décision qu'après un été de réflexion et des dizaines de briefings et réunions avec des membres de l'administration, de la communauté du renseignement et des ambassadeurs des pays signataires.Beaucoup soulignent les faiblesses du pacte et regrettent l'ambiguïté des protocoles d'inspection, ou la levée de l'embargo sur les armes après cinq ans.

Mais cet accord est jugé par eux préférable à l'affrontement qu'un rejet déclencherait. Sans compter un probable isolement diplomatique des Etats-Unis, alors qu'Européens, Chinois et Russes semblent peu enclins à retourner à la table des négociations."Aucun accord n'est parfait, surtout un accord négocié avec le régime iranien", a déclaré Barbara Mikulski. "L'alternative, pour moi, est un scénario d'incertitude et d'isolement", a dit son collègue Chris Coons.

 

De Rubio remettrait en place les sanctions

Le vote, présenté comme le plus important vote de conscience de leur carrière, sera difficile pour les élus des circonscriptions où les électeurs juifs sont nombreux. Les sénateurs Chuck Schumer de New York et Robert Menendez du New Jersey ont déjà annoncé leur opposition, comme plusieurs élus de New York à la Chambre des représentants.La date du scrutin pourrait être annoncée la semaine prochaine lorsque le Congrès rentrera de congés d'été, présageant de deux semaines hyper-partisanes, sous pression des millions de dollars dépensés de part et d'autre par les lobbys.

"Il est triste que la plupart des républicains, emmenés par leurs candidats à la présidentielle, se soient automatiquement et inconsidérément opposés à l'accord, tout comme ils se sont opposés à toutes les initiatives du président Obama", a déclaré Jeremy Ben-Ami, le président de J Street, un lobby juif américain de gauche.Mais Barack Obama aura peu de temps, avant son départ de la Maison Blanche en janvier 2017, pour démontrer les bienfaits de l'accord aux Américains. Le candidat aux primaires républicaines Marco Rubio a immédiatement rappelé mercredi qu'en tant que président, il remettrait les sanctions contre l'Iran en place.

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