Scènes de chaos à la frontière gréco-macédonienne

Sous la pluie, des migrants épuisés, le 10 septembre 2015, à Gevgelija, en Macédoine tentent de monter dans un bus pour se mettre à l'abri [ROBERT ATANASOVSKI / AFP] Sous la pluie, des migrants épuisés, le 10 septembre 2015, à Gevgelija, en Macédoine tentent de monter dans un bus pour se mettre à l'abri [ROBERT ATANASOVSKI / AFP]

Des migrants épuisés et irascibles sur le point de se battre entre eux sous les regards de policiers débordés: la situation à la frontière gréco-macédonienne est fragile et risque de dégénérer en cas d'afflux important de réfugiés depuis la Grèce.

 

A Gevgelija, bourgade macédonienne à la frontière avec la Grèce, sous une pluie battante, des centaines de réfugiés n'ont qu'un seul objectif ce jeudi après-midi: monter à bord d'autobus pour se mettre à l'abri. La maigre discipline qu'une demi-douzaine de policiers réussissaient à faire respecter vole en éclats et de brefs incidents éclatent. Un homme costaud se lance à la poursuite d'une trentaine de compagnons de route, un pavé à la main, avant d'être maîtrisé par d'autres.

Dans un autobus, des femmes commencent à se disputer sur les sièges à occuper avec leurs enfants. Une grève des conducteurs de locomotive macédoniens jeudi a encore compliqué la situation, en privant les autorités de moyens pour acheminer, en une seule fois, environ un millier de réfugiés vers la Serbie. "Le dernier train est parti dans la nuit (de mercredi à jeudi). Et sans train, on a été obligé de s'organiser avec des autobus", a expliqué à l'AFP Alexandra Krause, chargée de la communication auprès du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

 

"Nous allons être facilement débordés"

Skopje redoute un flux massif de réfugiés - notamment des Syriens et des Afghans -, en provenance de la Grèce et l'ONU demande une meilleure coordination entre les deux pays.

La situation est très tendue le 10 septembre 2015 dans le village macédonien de Gevgelija, à la frontière avec la Grèce [ROBERT ATANASOVSKI / AFP]
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La situation est très tendue le 10 septembre 2015 dans le village macédonien de Gevgelija, à la frontière avec la Grèce
 

 

"L'île grecque de Lesbos a été évacuée. Il y a peut-être 20.000 personnes en route, plus ou moins", explique Mme Krause. "Si la Grèce envoie d'un seul coup plusieurs milliers de personnes, nous allons être facilement débordés", met-elle en garde. Le HCR gère le centre d'accueil côté macédonien de la frontière, quelques conteneurs en tôle pouvant accueillir à peine plusieurs centaines de personnes.

Les réfugiés qui n'avaient plus de place dans les conteneurs s'entassaient jeudi sur un plateau avec, pour seule protection, des grandes bâches en plastique frappées de l'emblème de l'UNHCR qu'ils tenaient au-dessus de leur têtes. C'est "une tragédie humaine", admet la porte-parole de l'ONU.

Non loin, un groupe d'une centaine de personnes, des sacs poubelle en plastique en guise de pèlerine, se met en branle pour parcourir les 500 mètres de sentier boueux qui les sépare de l'endroit où les autobus affrétés par le gouvernement de Skopje les attendent.

Des centaines d'enfants, dont des bébés de six voire de trois mois, figurent parmi les milliers de réfugiés, selon des journalistes de l'AFP. 

 

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