Inondations au Japon : le Premier ministre sur place

Des habitants de la ville de Joso où la rivière Kinugawa est violemment sortie de son lit, le 12 septembre 2015 au Japon  [JIJI PRESS / JIJI PRESS/AFP] Des habitants de la ville de Joso où la rivière Kinugawa est violemment sortie de son lit, le 12 septembre 2015 au Japon [JIJI PRESS / JIJI PRESS/AFP]

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe s'est rendu samedi dans une ville sinistrée au nord de Tokyo, où les sauveteurs recherchaient toujours une quinzaine de personnes portées disparues après les terribles inondations dans la région, qui ont fait trois morts.

 

M. Abe est venu constater l'étendue des dégâts à Joso, agglomération de 65.000 habitants où la rivière Kinugawa est violemment sortie de son lit jeudi, emportant maisons et automobiles sur son passage dans une vaste zone s'étendant sur 32 à 38 km2, selon les chiffres des médias. Le nombre de disparus à Joso a été revu à la baisse, passant de 22 à 15, après que la police a retrouvé des sinistrés dont on était sans nouvelles, parmi lesquels deux enfants de huit ans.

Sous un ciel redevenu clément, quelque 2.000 soldats, policiers et pompiers étaient à l'oeuvre, cherchant victimes et venant en aide aux personnes bloquées - encore plus de 100 samedi matin, essentiellement des patients et soignants d'un hôpital inondé, d'après la chaîne de télévision publique NHK.

 

"Totalement détruite"

Quand le drame est survenu, plus de 800 résidents se sont retrouvés en détresse, selon la préfecture d'Ibaraki où se trouve Joso, alors que l'ordre d'évacuation a été jugé un peu tardif. "Je me sentais plus mort que vivant", a témoigné un homme sauvé samedi après deux jours de détresse, seul dans sa maison. "Je n'avais plus rien à manger, j'ai survécu en buvant du thé, je suis tellement heureux qu'ils aient pu me secourir", a-t-il confié à la NHK.

Des membres des secours évacuent des habitants de la ville de Joso où la rivière Kinugawa est violemment sortie de son lit, le 12 septembre 2015 au Japon  [Kazuhiro Nogi / AFP]
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Des membres des secours évacuent des habitants de la ville de Joso où la rivière Kinugawa est violemment sortie de son lit, le 12 septembre 2015 au Japon
 

D'autres revenaient pour la première fois chez eux, comme Akinori Nagaoka, 39 ans, qui a découvert sa maison envahie par l'eau boueuse jusqu'au premier étage. "Je n'ai jamais rien vu de tel. Je me demande quand nous pourrons rentrer ici et vivre comme avant", a-t-il dit à l'AFP, accompagné de son fils. "La ville est totalement détruite, nous avons besoin d'aide", lançait, désespéré, Shinichi Ishizuka, 47 ans. La soudaine montée des eaux, retransmise en direct par la NHK, avait donné lieu jeudi à des scènes impressionnantes, faisant écho au tsunami de mars 2011 : des habitants réfugiés sur leur toit appelant à l'aide, un homme s'accrochant à un pylône au milieu du tumulte, des véhicules et pavillons de bois à la dérive.

 

Pires pluies depuis des décennies

Samedi matin, le Premier ministre a survolé les lieux en hélicoptère et rencontré des habitants accueillis dans un des nombreux centres mis en place. "Nous faisons de notre mieux pour sécuriser l'endroit en reconstruisant la rive détruite aussi rapidement que possible afin d'éviter un nouveau drame", a déclaré Shinzo Abe aux journalistes. Le niveau de l'eau avait fortement baissé, mais "il restait élevé par endroits, gênant les opérations des secouristes", expliquait un responsable local. Trois décès ont été enregistrés : une femme de 63 ans à Kanuma, une femme de 48 ans dans la préfecture de Miyagi et un homme de 25 ans à Nikko.

Des membres des secours dans la ville de Joso où la rivière Kinugawa est violemment sortie de son lit, le 12 septembre 2015 au Japon  [Kazuhiro Nogui / AFP]
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Des membres des secours dans la ville de Joso où la rivière Kinugawa est violemment sortie de son lit, le 12 septembre 2015 au Japon
 
 

Une rivière, dans la zone de Miyagi, a détruit vendredi une digue et inondé une zone habitée, mais la plupart des résidents avaient déjà été évacués. Plus de 100.000 personnes dans la région nord-est ont reçu cette semaine l'ordre de quitter leur domicile à la suite de ces précipitations torrentielles charriées par plusieurs typhons (dont la tempête Etau), les pires pluies au Japon depuis des décennies. L'archipel nippon est coutumier des catastrophes naturelles et traversé chaque année par de nombreux typhons. En mars 2011, plus de 18.500 personnes avaient péri dans le tsunami.

 

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