Yémen : l'offensive terrestre s'intensifie

Des soldats des forces pro-gouvernementales yéménites, appuyées par une coalition pro-arabe dans la province de Marib, à l'est de Sanaa, le 13 septembre 2015 [Abdullah Hassan / AFP] Des soldats des forces pro-gouvernementales yéménites, appuyées par une coalition pro-arabe dans la province de Marib, à l'est de Sanaa, le 13 septembre 2015 [Abdullah Hassan / AFP]

Des forces progouvernementales yéménites, appuyées par une coalition arabe, ont tenté lundi de progresser en territoire ennemi, au deuxième jour d'une offensive d'envergure qui vise à reconquérir la capitale Sanaa aux mains de rebelles chiites.

 

Malgré la poursuite des combats, l'ONU a affirmé qu'elle poursuivrait ses efforts pour convaincre les belligérants de négocier. Son émissaire pour le Yémen devrait ainsi arriver mardi à Ryad pour de nouvelles consultations.

Lancée dimanche dans la province de Marib (centre), la grande offensive des forces progouvernementales se développait sur trois axes dans le nord-ouest de cette région désertique, en direction de Sanaa, selon des sources militaires loyalistes. Cette province pétrolière revêt une importance stratégique en vue de la reconquête de la capitale.

"L'objectif est de couper la route d'approvisionnement des (rebelles) Houthis", a expliqué à l'AFP une source militaire.

Dans la journée, les hélicoptères d'attaque Apache ont décollé ou atterri dans un vrombissement assourdissant sur le petit aéroport du camp de Safer, QG des forces de la coalition arabe dans la province, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Selon une source militaire, six missiles anti-missiles Patriot ont été déployés autour du camp Safer, où 67 soldats de la coalition arabe ont péri le 4 septembre dans une attaque rebelle au missile Tochka.

Un convoi de 18 blindés et de transports de troupes a quitté le camp pour "renforcer le front dans le nord-ouest de Marib", a-t-elle ajouté.

 

Résistance rebelle

Depuis le début de l'offensive, la progression se heurte à une certaine résistance, comme en témoigne la mort d'un soldat émirati de la coalition.

"Nos forces ont progressé sur le terrain à Marib et repoussé les Houthis. Durant ces opérations, l'un de nos soldats est tombé en martyr", selon l'armée émiratie.

Des soldats des forces pro-gouvernementales yéménites, appuyées par une coalition pro-arabe dans la province de Marib, à l'est de Sanaa, le 13 septembre 2015 [Abdullah Hassan / AFP]
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Des soldats des forces pro-gouvernementales yéménites, appuyées par une coalition pro-arabe dans la province de Marib, à l'est de Sanaa, le 13 septembre 2015
 

 

Les Emirats sont très impliqués au Yémen où ils ont perdu 60 soldats, dont 52 dans l'attaque du 4 septembre, qui avait aussi tué dix Saoudiens et cinq Bahreïnis.

De leur côté, les rebelles ont affirmé avoir repoussé deux attaques et infligé de "lourdes pertes" humaines et matérielles aux "mercenaires de la coalition de l'agression saoudienne", selon l'agence de presse Saba qu'ils contrôlent.

Parallèlement à l'offensive terrestre, l'aviation de la coalition a concentré ses raids sur la partie sud de la province de Marib, où les Houthis sont bien implantés.

 

Soldat saoudien tué

Les raids sont destinés à préparer l'arrivée de forces terrestres de la coalition qui auront pour tâche de "nettoyer" la région de toute présence rebelle, ont affirmé les mêmes sources.

Sur le front nord, à la frontière entre le Yémen et l'Arabie saoudite, des échanges de tirs ont coûté la vie lundi à un garde-frontière saoudien, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

La veille, cinq soldats saoudiens ont été tués à la frontière. Il s'agissait des plus lourdes pertes dans un incident frontalier annoncées par la coalition arabe depuis le début fin mars de son intervention au Yémen visant à empêcher les Houthis de prendre la totalité du pays.

Au moins 61 personnes, la plupart des militaires, ont été tuées à la frontière saoudo-yéménite.

L'intensification des opérations sur le terrain semble compromettre la tenue de négociations de paix annoncées par les Nations unies pour cette semaine.

Mais cela n'a pas empêché l'ONU de poursuivre ses efforts et son médiateur Ismaïl Ould Cheikh Ahmed doit tenir mardi "de nouvelles consultations avec le gouvernement du Yémen et les autres protagonistes", selon un porte-parole.

Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, en exil en Arabie saoudite, avait annoncé samedi sa décision de ne participer à aucun dialogue tant que les Houthis n'auraient pas commencé à se retirer des territoires qu'ils ont conquis depuis un an et à remettre les armes qu'ils ont saisies.

Deux conditions qui semblent difficilement acceptable pour les rebelles.

 

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