Le pape François à Cuba

Le pape François salue la foule  sur la route entre l'aéroport Jose Marti et le centre de La Havane, le 19 septembre 2015 [JORGE BELTRAN / AFP] Le pape François salue la foule sur la route entre l'aéroport Jose Marti et le centre de La Havane, le 19 septembre 2015 [JORGE BELTRAN / AFP]

Le pape François doit rencontrer dimanche le peuple cubain sur la place de la Révolution à La Havane, au deuxième jour d'une visite dans l'île castriste longtemps isolée qu'il appelle à s'ouvrir et à retrouver sa vocation de "lieu de rencontre".

 

Au lendemain de son arrivée dans la ferveur populaire, Jorge Bergoglio va vivre le moment le plus intense de sa visite: il célèbre vers 09h00 (13h00 GMT) une messe sur l'immense place où ses prédécesseurs Jean Paul II en 1998 et Benoît XVI en 2012 avaient rencontré la foule des fidèles, entre un immense monument en l'honneur du héros national, Jose Marti, et un portrait géant du Che Guevara. Près d'un million de personnes sont attendues, dont 3.500 invités officiels parmi lesquels le président cubain Raul Castro et la présidente argentine Cristina Kirchner.

L'accueil de la population et des autorités au pape argentin est déjà chaleureux, Raul Castro ayant repris longuement dans son discours d'accueil les thèmes préférés du pape, notamment sur la protection de l'environnement avant la conférence de Paris, et la défense de la paix. Dans la soirée de dimanche, après des vêpres dans la cathédrale, François devait échanger avec des jeunes Cubains. Une occasion de montrer sa spontanéité dans un dialogue improvisé, où il devrait redonner du courage à une jeunesse en difficulté sur une île en pleine transition économique.

 

Probable rencontre avec Fidel

François rencontrera aussi au palais présidentiel Raul Castro qui devrait le remercier pour son rôle de facilitateur dans le rapprochement en cours avec les Etats-Unis. Une entrevue avec son frère aîné, le vieux lider maximo, pourrait être organisée durant la journée. "Si elle a lieu, elle aura lieu demain. Et on vous fournira les informations qu'il faut", a assuré samedi aux journalistes le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi. Benoît XVI avait rencontré Fidel Castro lors de sa visite en 2012.

Une jeune fille porte les drapeaux de Cuba et du Vatican à la Havane, le 19 septembre 2015 [Luis Acosta / AFP]
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Une jeune fille porte les drapeaux de Cuba et du Vatican à la Havane, le 19 septembre 2015
 

 

A son arrivée à l'aéroport de La Havane, le pape François avait prié chaleureusement Raul Castro de "transmettre ses sentiments de considération spéciale et de respect à son frère Fidel". Le père Lombardi a résumé samedi soir les grandes préoccupations du pape François lors de ce voyage qu'il a évoquées dans l'avion devant les journalistes, visiblement soucieux. Des préoccupations que François devrait décliner tout au long de son périple de huit jours qui le conduira à partir de mardi aux Etats-Unis: la paix menacée par "une troisième guerre mondiale morcelée", les migrations entre les pays et l'accueil nécessaire des migrants, et la culture du dialogue, qui "doit permettre de construire des ponts". Juste avant son départ samedi pour Cuba, le pape a raconté avoir été "très ému" par une rencontre avec une famille chrétienne de Damas, que le Vatican a décidé d'accueillir. Il avait alors déclaré que le monde était "assoiffé de paix".

 

"Cuba, clé entre l'Est et l'Ouest"

Le pape a souligné que Cuba, longtemps isolé par l'embargo, devait retrouver une vocation que la géographie lui avait donnée: "Cuba est un archipel, d’une importance extraordinaire comme +clé+ entre le nord et le sud, entre l’est et l’ouest. Sa vocation naturelle est d’être le point de rencontre pour que tous les peuples se réunissent dans l’amitié", avait dit devant Raul Castro le pape argentin qui voit Cuba comme un avant-poste dans un nouveau dialogue entre les deux Amériques.

Déplacements et dates du voyage du pape à Cuba et aux États-Unis [G.Izus, abm/sim / AFP]
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Déplacements et dates du voyage du pape à Cuba et aux États-Unis
 

 

Cette visite de François est la troisième d'un pape dans une île qui ne compte que quelque 10% de catholiques pratiquants, même si les baptisés sont plus nombreux. Ce traitement spécial correspond à la volonté du pape de privilégier les "périphéries" et à un message qu'il tient à porter aux Etats-Unis: la réconciliation avec Cuba doit être irréversible, et contribuer à la fin d'une polarisation en Amérique Latine autour de la révolution cubaine. Le pape doit encore se rendre lundi et mardi à Holguin et à Santiago, dans l'est de l'île.

 

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