Syrie : des rebelles formés par les Américains ont remis des munitions à Al-Qaïda

Un combattanr rebelle lors d'affrontements avec les forces pro-gouvernementales le 18 septembre 2015 dans la province d'Idlib [OMAR HAJ KADOUR / AFP/Archives] Un combattanr rebelle lors d'affrontements avec les forces pro-gouvernementales le 18 septembre 2015 dans la province d'Idlib [OMAR HAJ KADOUR / AFP/Archives]

Des rebelles syriens formés par les Etats-Unis ont remis une partie de leur équipement et munitions au Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, a reconnu vendredi le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom).

 

Les rebelles ont indiqué à l'armée américaine qu'ils avaient remis "six pick-ups et une partie de leurs munitions à un intermédiaire soupçonné d'appartenir au Front al-Nosra, soit à peu près 25% de leur équipement", apparemment "en échange de leur passage", a indiqué le Centcom dans un communiqué. S'il est confirmé, ce comportement "est très préoccupant et constitue une violation des règles" du programme de formation des NSF (New Syrian forces, Nouvelles forces syriennes), a indiqué dans le communiqué le colonel Patrick Ryder, un porte-parole du Centcom. Selon un responsable américain interrogé par l'AFP, il n'y pas eu de défection de combattants vers le Front al-Nosra. Mais "nous ne savons que ce qu'ils nous disent", a-t-il ajouté.

L'épisode marque un nouveau coup pour la crédibilité de ce programme lancé par les Etats-Unis au début de l'année. Il était censé former et équiper environ 5.000 rebelles par an pendant trois ans, pour se battre en Syrie contre le groupe Etat islamique (EI). Mais il n'a pour l'instant permis que de former deux groupes de 54 et 70 combattants, selon les chiffres du Pentagone.

 

Limiter le champ d'action des rebelles

Un premier groupe de 54 combattants avait rejoint la Syrie en juillet, mais seuls une dizaine d'entre eux étaient réellement sur le terrain la semaine dernière, selon le Pentagone. Le deuxième groupe est entré en Syrie la semaine dernière. Le Pentagone avait dû démentir cette semaine qu'une partie d'entre eux avaient rejoint al-Nosra, comme l'affirmaient des informations circulant sur des réseaux sociaux. Le Pentagone avait affirmé par la même occasion que "toutes les armes et tous les équipements" remis à ces rebelles étaient sous leur contrôle, une affirmation sur laquelle il est obligé aujourd'hui de revenir.

Le programme a été handicapé notamment par le filtrage drastique des candidats opérés par les Américains. Beaucoup d'experts estiment aussi que la volonté de Washington de limiter le champ d'action des rebelles à la lutte contre le groupe Etat islamique a découragé beaucoup de recrues potentielles. L'administration américaine est en train de réfléchir à la réforme du programme, pour lequel le Congrès avait débloqué 500 millions de dollars cette année.

 

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