En 2020, la Chine veut mettre en place un système de notation pour classer les citoyens

Hobbies et opinions sont pris en compte pour évaluer les citoyens. [LIU JIN / AFP]

A partir de 2020, la Chine veut mettre en place un système national de notation évaluant chaque citoyen en fonction de ses activités, a rapporté le média «Interesting Engineering».

Ce «Credit Score», équivalent en français de l'évaluation risques-clients, détermine la capacité de chaque individu à emprunter à la banque, les taux d'intérêt qu'il devra payer ou encore le prix de son assurance automobile.

Mais alors qu'habituellement le «Credit Score» est évalué en fonction de son historique bancaire, de son âge, de sa situation familiale ou encore du fait que l'on soit ou non fumeur, la Chine veut pousser le système à un niveau qui inquiète les défenseurs des droits de l'Homme. Il prendrait ainsi en compte les hobbies, les amis que l'on possède sur les réseaux sociaux, ou encore les habitudes en matière de shopping.

Plus inquiétant encore, le fait d'exprimer ses opinions politiques en ligne entrerait également en compte. Emettre des avis contraires à la ligne officielle du gouvernement chinois ferait ainsi baisser le «Credit Score». Posséder des amis pauvres ou adhérant à des opinions politiques contraires à la ligne officielle est également mauvais.

Acheter des jeux vidéo diminue le score

Des essais, depuis l'été 2015, ont déjà été mis en place par certaines entreprises, comme le géant du commerce en ligne Alibaba (BABA) et la holding chinoise Tencent.

A l'époque, le fondateur du Parti Pirate, Rick Falkvinge, avait résumé ainsi le système : «Si vous achetez des choses que le régime apprécie, comme un lave-vaisselle ou des couches pour bébé, votre score augmente. Si vous achetez des jeux vidéo, il va diminuer». 

En réunissant l'ensemble de ces données, le système est ainsi supposé être capable de déterminer la capacité d'une personne à gagner de l'argent à l'avenir. Ainsi, jouer aux jeux vidéo est considéré comme non productif, et donc pénalisant.

«C'est l'utilisation du Big Data la plus stupéfiante et la plus énorme qui ait jamais été publiquement annoncée», estimait l'entrepreneur de la Silicon Valley Michael Fertik, auteur de The Reputation Economy.  

Certains craignent déjà de voir cette utlisation du «Big Data» arriver aux Etats-Unis et en Europe, voyant dans ce système l'ombre de Big Brother.

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