Syrie : l'armée d'Assad lance une "vaste offensive" grâce au soutien russe

Un avion russe Soukhoï SU-24 décolle de la base aérienne de Hmeimim, dans la province syrienne de Lattaquié, le 3 octobre 2015 [ALEXANDER KOTS / KOMSOMOLSKAYA PRAVDA/AFP/Archives] Un avion russe Soukhoï SU-24 décolle de la base aérienne de Hmeimim, dans la province syrienne de Lattaquié, le 3 octobre 2015 [ALEXANDER KOTS / KOMSOMOLSKAYA PRAVDA/AFP/Archives]

L'armée syrienne a lancé mercredi une vaste offensive terrestre, revigorée par les bombardements de l'aviation et désormais la marine russe, une semaine après le début de l'intervention militaire de Moscou qui a redonné de l'élan au régime de Bachar al-Assad.

 

Le président Vladimir Poutine a annoncé que les opérations russes allaient s'intensifier tandis que son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a assuré que 112 cibles avaient déjà été touchées depuis le début de la campagne, le 30 septembre.

Les Etats-Unis ont cependant affirmé mercredi que la quasi totalité des bombardements de la Russie en Syrie ne visaient pas les jihadistes de Daesh ou les groupes proches d'Al-Qaïda mais des organisations armées syriennes modérées qui combattent le régime de Damas.

Des maisons détruites après un bombardement, le 7 octobre 2015 à Darat Azzah, à l'ouest de la ville d'Alep, en Syrie [Fadi al-Halabi / AMC/AFP]
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Des maisons détruites après un bombardement, le 7 octobre 2015 à Darat Azzah, à l'ouest de la ville d'Alep, en Syrie
 

La forte implication de Moscou a permis à l'armée syrienne, qui avait accumulé les revers ces derniers mois face aux forces rebelles et à Daesh, de lancer mercredi "une vaste opération terrestre" dans "le nord de la province de Hama", dans le centre du pays, a annoncé une source militaire à Damas.

Les soldats syriens interviennent "avec la couverture aérienne russe", a précisé cette source. M. Poutine a de son côté annoncé que les prochaines opérations russes seraient "synchronisées" avec celles des forces gouvernementales syriennes.

Ces dernières combattent, dans le centre du pays, des rebelles modérés et islamistes, ainsi que la branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front Al-Nosra notamment.

Le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgu, le 7 octobre 2015 à Sotchi [ALEXEI NIKOLSKY / RIA NOVOSTI/AFP]
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Le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgu, le 7 octobre 2015 à Sotchi
 

Elles veulent couper les lignes de l'Armée de la Conquête, coalition rebelle qui contrôle la province d'Idleb et cherche à se renforcer dans celle voisine de Hama.

L'opération terrestre vise également à contrôler un tronçon de l'autoroute stratégique qui relie Damas à Alep (nord), la deuxième ville du pays, selon la source militaire syrienne.

 

Combats sur le terrain

Image tirée d'une vidéo diffusée sur le site du ministère russe de la Défense montrant un bâtiment de la marine russe lançant un missile contre une position du groupe Etat Islamique, le 7 octobre 2015 en mer Caspienne [- / Ministère russe de la Défense/AFP]
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Image tirée d'une vidéo diffusée sur le site du ministère russe de la Défense montrant un bâtiment de la marine russe lançant un missile contre une position du groupe Daesh, le 7 octobre 2015 en mer Caspienne
 

Pour la première fois, des bombardements russes ont été menés depuis des croiseurs de la flottille de la mer Caspienne, a annoncé M. Choïgou. Quatre d'entre eux ont lancé 26 missiles de croisière sur 11 cibles de l'EI en Syrie, les détruisant toutes selon Moscou.

Une infographie publiée sur le site du ministère russe de la Défense montre les missiles tirés depuis la Caspienne, à près de 1.500 km de leur destination, survolant l'Iran et l'Irak avant de frapper en Syrie.

D'après cette carte, l'AFP est arrivée à la conclusion que les missiles ont frappé la région d'al-Bab, dans la province d'Alep, tenue par Daesh, tandis que d'autres se dirigeaient vers la partie d'Alep tenue par les rebelles.

L’Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué que les bombardements russes avaient été "plus intenses que d'habitude".

"Pour la première fois, ils ont été accompagnés de combats sur le terrain entre les forces du régime et des rebelles", a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Positions et frappes aériennes russes sur la Syrie et zones de contrôles des différentes forces [I.Vericourt / J. Jacobsen / AFP]
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Positions et frappes aériennes russes sur la Syrie et zones de contrôles des différentes forces
 

L'ONG donne un bilan de six morts à Maaret al-Noomane, province d'Idleb, dans "de nombreux raids aériens, vraisemblablement russes".

Les rebelles syriens et leurs soutiens à l'étranger accusent Moscou de viser surtout d'autres groupes que Daesh afin de défendre le régime plutôt que de lutter contre les jihadistes.

 

Guerre totale

A ce propos, M. Poutine a affirmé que son homologue français François Hollande lui avait proposé l'idée, "intéressante" selon lui, d'"unifier les efforts" de l'armée du régime et de l'Armée syrienne libre (ASL), le principal groupe armé modéré.

Mais Paris a aussitôt démenti, affirmant que M. Hollande n'avait pas évoqué une telle alliance. Par ailleurs, le chef de l'Etat français a appelé à agir pour "éviter une guerre totale" en Syrie et dans la région.

La Russie s'est elle dite prête mercredi à établir des contacts avec l'ASL afin de coordonner la lutte contre Daesh et tenter de trouver une issue politique au conflit.

Washington, à la tête d'une coalition anti-EI, a redit mercredi ne pas coopérer avec la Russie sur les bombardements aériens qu'elle mène en Syrie, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter les qualifiant d'"erreur fondamentale".

La coalition anti-EI a dû "re-router" au moins un de ses avions au-dessus de la Syrie pour éviter qu'il ne s'approche trop près d'un avion russe, selon un porte-parole du Pentagone.

L'administration américaine a très prudemment reparlé mercredi de l'hypothèse d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, réclamée par la Turquie, soulignant toutefois qu'aucune décision dans ce sens n'était prise.

La guerre en Syrie a fait depuis mars 2011 plus de 240.000 morts et poussé à la fuite plusieurs millions de personnes, provoquant une grave crise humanitaire et migratoire.

L'ONG Oxfam a jugé à ce sujet que les efforts internationaux déployés pour aider les Syriens s'étaient avérés "totalement insuffisants".

 

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