La campagne électorale prend fin au Canada

Une affiche électorale du dirigeant du Parti libéral canadien Justin Trudeau, dans une rue de Montréal, le 17 octobre 2015 [NICHOLAS KAMM / AFP] Une affiche électorale du dirigeant du Parti libéral canadien Justin Trudeau, dans une rue de Montréal, le 17 octobre 2015 [NICHOLAS KAMM / AFP]

Au dernier jour d'une éprouvante campagne électorale au Canada, les trois favoris ont cherché dimanche à faire pencher dans leur camp les derniers indécis, l'élection s'annonçant serrée.

A la veille du scrutin législatif, Justin Trudeau arborait dimanche un large sourire et dégageait une grande assurance devant des partisans enthousiastes. Fils de l'ancien Premier ministre Pierre Elliott Trudeau, il est installé en tête des intentions de vote depuis une semaine, quand il accusait un retard de 10 points, alors qu'il se situait en troisième position au lancement de la campagne le 2 août.

"Nous tenons notre chance d'apporter un vrai changement au Canada et de mettre fin à une décennie d'Harper", a-t-il déclaré, légèrement aphone, dimanche à Edmonton (Ouest, Alberta). Parti d'Halifax (Est, Nouvelle-Ecosse) samedi, Justin Trudeau a en 48 heures traversé le Canada, de la côte atlantique au Pacifique où il devait terminer dimanche soir à Vancouver une campagne de 78 jours, la plus longue de l'histoire.

Une affiche électorale du dirigeant du Nouveau parti démocratique canadien Tom Mulcair, dans une rue de Montréal, le 17 octobre 2015 [NICHOLAS KAMM / AFP]
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Une affiche électorale du dirigeant du Nouveau parti démocratique canadien Tom Mulcair, dans une rue de Montréal, le 17 octobre 2015
 

 

Dans un dernier sondage dimanche, l'institut Nanos créditait les libéraux (PLC, centre) de 37,3% des intentions de vote, les conservateurs de 30,5% et le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) de 22,1%. Si cela devait se confirmer dans les urnes lundi, c'est Justin Trudeau, un peu à la surprise générale, qui serait en mesure de former le prochain gouvernement avec un groupe minoritaire de députés à la Chambre des communes à Ottawa.

Tous les candidats ont multiplié les escales dans les provinces canadiennes pour tenter jusqu'à la dernière minute d'arracher des votes dans des circonscriptions où la décision pourrait se jouer à quelques voix.. Stephen Harper a gardé le cap en jouant la carte de la stabilité économique et promettant une baisse de la fiscalité. En dépit d'une récession au premier semestre avec l'effondrement des cours du pétrole, le Premier ministre sortant a mis en garde les électeurs contre les dérives budgétaires promises selon lui par ses adversaires.

 

Mêmes vieux libéraux

Lundi, le choix sera entre Justin Trudeau qui "propose des dépenses (...) financées par des hausses de taxes et d'impôts et des déficits" et la reconduction d'une politique conservatrice avec "un budget équilibré, des baisses de taxes et d'impôt. C'est le choix entre la perte d'emplois et la création d'emplois", a-t-il lancé. En envoyant 121 députés sur les 338 de la Chambre, l'Ontario a été l'objet de toutes les attentions pendant la campagne de la part des candidats et c'est dans cette province la plus peuplée --13 des 35 millions d'habitants au Canada y vivent-- que Thomas Mulcair a passé son dimanche."Les Ontariens savent que c'est nous (NDP) qui allons battre les conservateurs", a lancé M. Mulcair à Toronto.

Le chef des sociaux démocrates a dénoncé la collusion entre les libéraux et le lobby pétrolier à la suite de la révélation de conseils dispensés au constructeur d'oléoducs TransCanada par un codirecteur de la campagne de Trudeau et mis à l'écart jeudi. "Ce sont les mêmes vieux libéraux que nous avons eus auparavant", a déclaré M. Mulcair en référence au dernier gouvernement libéral, empêtré dans les scandales et défait en 2006 par les conservateurs de Stephen Harper.

Pour les Verts, Elizabeth May a tenté une nouvelle fois dans son fief de Colombie-britannique de décourager un vote stratégique pour les libéraux ou le NPD afin de se débarrasser de Stephen Harper --un vote qui lui coûterait automatiquement des sièges à la Chambre. Même discours pour Gilles Duceppe du Bloc québécois (indépendantiste) qui, dans la province francophone, a multiplié les arrêts pour arracher des votes souverainistes et laver l'affront de 2011 où son parti avait été emporté par la vague orange du NPD.

 

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