Hollande en visite à Athènes : où en est la Grèce ?

François Hollande est un des premiers chefs d'État invité depuis la réélection d'Alexis Tsipras François Hollande est un des premiers chefs d'État invité depuis la réélection d'Alexis Tsipras [MARTIN BUREAU / AFP]

François Hollande se rend à Athènes les 22 et 23 octobre pour afficher son soutien aux efforts consentis par le pays pour redresser son économie.

Il avait été l’un des plus solides soutiens de la Grèce, il y a trois mois, alors qu’elle risquait de sortir de la zone euro. Invité par le président de la République Prokopis ­Pavlopoulos et le Premier ministre Alexis Tsipras, le président Français sera accompagné de plusieurs membres du gouvernement, dont le ­ministre des Finances Michel Sapin, ainsi que d’une délégation de chefs d’en­treprise. Ces derniers espèrent trouver des opportunités dans le pays, après le mouvement de privatisation engagé pour renflouer les caisses.

Point d’orgue de ce voyage, François Hollande aura demain l’honneur - exceptionnel pour un chef d'État étranger - de prononcer un discours devant le Parlement grec. L’occasion pour lui de saluer l’adoption par les députés de nouvelles mesures de rigueur, pour mettre en œuvre l’accord conclu avec les partenaires européens en juillet.

Un programme appliqué à la lettre

Hausse des taxes, nouvelle réduction des retraites… La loi adoptée vendredi dernier s’inscrit dans la droite ligne de la feuille de route déterminée avec les créanciers du pays. Au programme, une série de mesures d’assainissement de l’économie, posées comme condition préalable au versement d’une nouvelle tranche de prêts de deux milliards d’euros.

Et ce n’est qu’un début. En ­novembre, la Grèce devra adopter un nouveau lot de ­réformes, en particulier en matière de retraites, pour obtenir un milliard supplémentaire. Au total, ce sont 86 milliards d’euros qui ont été consentis au pays sur trois ans, dont 13 milliards ont été versés cet été.

Pressé de retrouver une marge de manœuvre dans sa ­politique économique, le gouver­nement d’Alexis Tsipras affiche sa ­volonté d’aller vite dans la mise en œuvre des réformes. Une accélération rendue possible par les élections anticipées de septembre, qui ont permis à la majorité de se séparer de son aile gauche, hostile au plan européen.

La population sceptique

De la part du leader du parti de gauche radicale Syriza, élu à l’origine sur un programme anti-austérité, ce zèle à exécuter des mesures souhaitées par l’Europe est vivement critiqué. Pour le GSEE, principal syndicat du secteur privé, la ­pilule passe mal. L’organisme appelle à une grève générale le 12 novembre, pour s’opposer à une «politique de paupérisation menée sur ordre des créanciers» débouchant, selon lui, sur «la suppression effective de la ­sécurité ­sociale». Une première depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza par les mobilisations de cette ampleur.

Le ­climat social est d’autant plus tendu que le pays est frappé de plein fouet par la crise des ­migrants : hier, le Haut-Commissariat de l’Onu pour les réfugiés a annoncé que le seuil des 500 000 personnes arrivées sur les îles grecques avait été franchi.

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