COP21 : Hollande en mission climat en Chine

Le président François Hollande espère un geste de son homologue chinois Xi Jinping avant la COP21. [Bertrand Langlois / AFP]

A moins d'un mois de la COP21, François Hollande se rend en Chine pour convaincre le premier pollueur mondial de faire des efforts pour la planète et de montrer l'exemple.

Du 30 novembre au 11 décembre, la France accueillera la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ou COP21. Un rendez-vous international dont le président français souhaite être plus que l’hôte, le véritable ambassadeur. C’est dans cette optique qu’il est attendu ce lundi en Chine pour une visite de deux jours au cours de laquelle la question climatique sera omniprésente. Et ce n’est pas un hasard si François Hollande a choisi cette destination pour lancer le sprint final vers un accord mondial.

Avec 25 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, la Chine est le premier pollueur de la planète. Une place qu’elle doit notamment à l’industrie charbonnière omniprésente dans le pays, ainsi qu’à l’industrie lourde. Selon Greenpeace, près de 8% des villes chinoises ont «largement dépassé» les normes nationales sur la pollution de l’air durant les neuf derniers mois.

Mais Pékin souhaiterait inverser la tendance, et l’a déjà montré en novembre 2014 en signant un accord avec les Etats-Unis fixant leur pic d’émissions «autour de 2030». François Hollande espère donc repartir de Pékin avec une déclaration franco-chinoise commune sur le climat. Un texte concret, précis, achoppant sur un système «contraignant» permettant de contrôler les engagements de chaque pays.

Si pour le moment Pékin refuse ce procédé jugé «punitif», un accord pourrait avoir d’importantes conséquences. La Chine est en effet le fer de lance du «groupe des 77», rassemblant les pays en développement. Ces derniers, et particulièrement l’Inde, estiment depuis des années que la lutte contre le réchauffement ne doit pas aller à l’encontre de leur croissance. La planète, et dans une moindre mesure l’organisateur de la COP21, auraient donc tout à gagner s’ils prenaient le même virage que la locomotive chinoise.

Si jamais François Hollande revenait de Pékin sans déclaration commune, cela représenterait un coup dur pour la Conférence de Paris et pour le président français, qui a fait du climat la «grande cause nationale pour l’année 2015». Il a répété à plusieurs reprises, il espère aboutir début décembre à un accord «ambitieux, global et contraignant», visant à limiter à 2 °C le réchauffement climatique par rapport à l’ère pré-industrielle. Un objectif qui semble impossible à tenir sans le soutien actif de la Chine, déjà responsable (avec les Etats-Unis) de l’échec de la COP15 de Copenhague, en décembre 2009. Il en va donc de l’avenir de la planète, comme de celui de François Hollande.

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