Daesh, un ennemi surpuissant

Le groupe islamiste règne sur un territoire à cheval entre l'Irak et la Syrie. Le groupe islamiste règne sur un territoire à cheval entre l'Irak et la Syrie. [©AP/SIPA]

L'organisation terroriste sème la terreur en Irak et en Syrie. Mais son emprise se diffuse dans le monde entier.

Si un classement du pire devait être établi, Daesh supplanterait al-Qaida. Car le groupe né en 2006, mené par Abou Bakr al-Baghdadi, a réussi ce que son aîné n’est jamais parvenu à faire : établir depuis l’an dernier un califat en dehors de tout pouvoir étatique. Jamais une organisation terroriste n’avait contrôlé un tel territoire. Celui-ci s’étend aujourd’hui, à cheval sur l’Irak et la Syrie, sur un espace comparable à celui de l’Irlande. Puissance financière et militaire, Daesh est devenu une véritable multinationale du terrorisme. Car en plus d’avoir sous son contrôle environ 7 millions d’habitants, l’organisme a su attirer les aspirants jihadistes du monde entier. Une partie des 30 000 soldats qu’elle compterait dans ses rangs viennent en effet d’autres pays, et notamment d’Europe. 

Une propagande de masse 

L’emprise du groupe terroriste est montée en puissance au fil des mois, grâce à la propagande mise en place, en premier lieu sur Internet. En diffusant sur les réseaux sociaux des exécutions filmées comme des productions hollywoodiennes, ou des appels guerriers susceptibles de fasciner de futurs disciples, il atteint, tel un mouvement sectaire, les esprits autant que les corps. Conséquence, le danger n’est plus localisé mais disséminé. Car en plus de compter sur le soutien d’autres groupes terroristes, du Nigeria aux Philippines, Daesh parvient à opérer au cœur des pays occidentaux.
 
Alors qu’auparavant des cellules terroristes venaient le plus souvent de l’étranger pour commettre des attentats en Europe, ce sont désormais des «personnes nées ou ayant grandi parmi nous qui, au terme d’un processus de radicalisation, tombent dans la violence armée», analyse le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. L’exemple le plus récent de cette capacité de Daesh à gangréner l’Occident est celui d’Amedy Coulibaly. L’auteur de l’attaque de l’Hyper Cacher, en janvier dernier, avait ainsi indiqué dans une vidéo posthume avoir agi dans la capitale au nom de l’organisation terroriste.

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