Deux Birmans condamnés à mort pour le meurtre de deux Britanniques

Zaw Lin et Win Zaw Tun, deux jeunes travailleurs birmans, à la sortie du tribunal qui les a condamnés à mort, le 24 décembre 2015 à Koh Samui  [NICOLAS ASFOURI / AFP] Zaw Lin et Win Zaw Tun, deux jeunes travailleurs birmans, à la sortie du tribunal qui les a condamnés à mort, le 24 décembre 2015 à Koh Samui [NICOLAS ASFOURI / AFP]

Deux jeunes travailleurs birmans, qui clament leur innocence, ont été condamnés à mort jeudi en Thaïlande pour le meurtre de deux touristes britanniques sur une île en 2014, après un procès très controversé.

"Les deux accusés sont coupables de meurtre et condamnés à la peine de mort", a énoncé le juge en milieu de matinée, ajoutant qu'ils avaient également tous les deux été "reconnus coupables de viol". A l'énoncé du verdict, la consternation se lisait sur le visage des deux jeunes hommes et dans le public la mère de l'un d'eux s'est effondrée en hurlant.

Les corps de David Miller, 24 ans, et Hannah Witheridge, 23 ans, avaient été découverts nus mi-septembre 2014 à l'aube sur une plage de Koh Tao, petite île du sud du pays aux grandes plages de sable blanc, image d'Epinal du paradis touristique thaïlandais.

Michael Miller, Ian Miller  et Sue Miller, le père, le frère et la mère de David Miller, à l'issue du procès de deux Birmans accusés du meurtre de leur parent, le 24 décembre 2015 devant le tribunal de Koh Samui  [NICOLAS ASFOURI / AFP]
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Michael Miller, Ian Miller et Sue Miller, le père, le frère et la mère de David Miller, à l'issue du procès de deux Birmans accusés du meurtre de leur parent, le 24 décembre 2015 devant le tribunal de Koh Samui

 

Ils avaient été frappés à mort avec un bâton et un ustensile de jardin et retrouvés ensanglantés sur place.

Les deux jeunes travailleurs birmans avaient été arrêtés quelques semaines plus tard alors que l'affaire faisait les gros titres des journaux dans le pays, où le tourisme est essentiel pour l'économie.

Tout au long du procès, la défense a contesté les preuves médico-légales et affirmé que la police avait torturé les deux accusés pour obtenir des aveux. Ces derniers, boucs-émissaires d'après leurs avocats, se sont ensuite rétractés.

La défense a notamment souligné que l'ADN retrouvé sur l'arme du crime ne correspondait pas à celui des suspects et que les analyses médico-légales ont été entachées d'erreurs.

Pour les défenseurs des droits de l'homme, cette affaire est symptomatique d'une pratique répandue en Thaïlande où les travailleurs pauvres venus des pays voisins, et essentiellement de Birmanie, sont souvent accusés de crimes dans le royaume où le système judiciaire est corrompu.

D'après le ministère thaïlandais de la Justice, 456 personnes sont actuellement dans le couloir de la mort en Thaïlande. La dernière fois que le royaume a appliqué cette sentence c'était en 2009 quand deux hommes, condamnés pour trafic de drogue, ont été exécutés par injection létale.

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