Barack Obama à l'heure du bilan

Barack Obama va prononcer son dernier discours sur l'état de l'Union.[SAUL LOEB / AFP]

A quelques mois de la fin de son deuxième et dernier mandat, le président américain va faire aujourd’hui le bilan de son séjour à la Maison Blanche.

«Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée». Le 24 février 2009, trois mois après son élection, Barack Obama prononçait son premier grand discours devant le Congrès, faisant la promesse que les Etats-Unis seraient «plus forts qu’auparavant».

Sept ans plus tard, il s’apprête à prouver qu’il a tenu sa promesse aujourd’hui à Washington, lors de son dernier discours sur l’état de l’Union.Car si ce rendez-vous annuel sert traditionnellement au dirigeant à illustrer les grandes lignes de l’année à venir, il devrait, cette année, être l’occasion d’un bilan de deux mandats bien remplis.

Le président progressiste

L’événement est annoncé depuis des jours sur le site officiel de la Maison Blanche. Teaser, infographies, archives… Tout est mis en place pour rappeler aux Américains les grandes avancées réalisées depuis 2008. A commencer par la situation économique.

Avec un chômage à 5 %, au plus bas depuis sept ans, et une croissance plus forte que prévue, le pays est en meilleure santé qu’avant Obama. Et ses habitants également. Car si l’Obamacare (de son vrai nom Affordable Care Act) peine encore à convaincre, il a toutefois permis à 17 millions d’Américains de disposer d’une couverture médicale. Une victoire pour le président, qui a fait des avancées sociales un de ses combats les plus précieux.

«L’interprétation de son héritage et de son influence est encore loin d’être finie, mais il restera comme celui qui a remis certains thèmes progressistes [assurance maladie, immigration, droits des homosexuels…] sur le devant de la scène», estime Olivier
 Richomme, maître de conférences à l’université Lumière Lyon-2, et auteur de De la diversité en Amérique (éd. Pups).
 
Ses grandes victoires ont également eu lieu en dehors des frontières américaines. Il peut en effet se targuer d’être à l’origine du rapprochement
avec Cuba, après plus de cinquante ans de gel. Il aura également joué un rôle majeur dans l’accord sur le nucléaire iranien et dans celui sur le climat signé à la COP21, en dé-
cembre dernier à Paris. Deux thèmes aux enjeux cruciaux.

Un bilan en demi-teinte

Malgré tout, Barack Obama est loin de jouir d’une cote de popularité au top dans son pays. «Les inégalités s’accroissent et une grande partie des habitants ne ressentent pas les effets de la croissance», explique Olivier Richomme. En outre, nombreux sont ceux qui avaient une attente démesurée envers le premier président noir de l’époque.
 
Enfin, celui, qui a fait de l’arrêt des guerres en Irak et en Afghanistan une de ses  promesses de campagne, pâtit de la situation au Moyen-Orient, où l’armée américaine est toujours présente.Reste à savoir s’il profitera de sa dernière année pour aller plus loin, ou s’il se contentera de préparer le terrain à son successeur. 

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