Une ville du Brésil va lâcher des millions de moustiques mutants contre le virus Zika

Le moustique-tigre (Aedes aegypti) est le vecteur des virus de Zika, de la dengue et du chikungunya. Le moustique-tigre (Aedes aegypti) est le vecteur des virus de Zika, de la dengue et du chikungunya. [LUIS ROBAYO / AFP]

Une ville brésilienne a prévu de disséminer des millions de moustiques génétiquement modifiés afin de lutter contre l'épidémie du virus du Zika, transmis par une piqûre de l'insecte.

Alors que l'Amérique du Sud est touchée de plein fouet par le virus Zika, que trois départements d'outre-mer sont désormais en alerte et que certains pays du Vieux Continent recensent plusieurs cas - le Danemark dernier en date -, une révolution de laboratoire pourrait bien représenter la solution pour endiguer cette maladie particulièrement dangereuse pour les enfants à naître.

Des scientifiques britanniques ont en effet réussi à modifier génétiquement le "moustique-tigre" (Aedes aegypti) - vecteur du virus de Zika mais aussi de la dengue et du chikungunya - afin d'affaiblir l'espèce sans totalement l'éradiquer. La mission est simple, en tout cas sur le papier. Il s'agit de lâcher dans la nature des spécimens mâles transgéniques afin qu'ils s'accouplent avec des femelles sauvages susceptibles de porter le virus, de façon à ce que leur progéniture, affaiblie par des modifications génétiques et des produits chimiques, soit incapable d'atteindre l'âge adulte et succombe avant même de pouvoir se reproduire. Un habile stratagème qui vise donc à empêcher le développement de moustiques porteurs de virus.

Un projet déjà expérimenté localement

D'avril à décembre 2015, la ville de Piracicaba, à 160 km de Sao Paulo (Brésil), avait déjà déployé 26 millions de moustiques transgéniques dans un quartier témoin de 5 000 habitants, afin de lutter contre le virus de la dengue. Or, l'entreprise britannique Oxitec, qui pilote ce programme depuis 2002, a annoncé le 19 janvier dernier que les insectes mutants avaient permis de réduire de 82 % la population de moustiques tigres "sauvages", altérant ainsi localement la propagation de la maladie. La mairie de Piracicaba prévoit aujourd'hui d'étendre l'opération aux autres quartiers de la ville, dans un secteur dix fois plus peuplé. Dans ce but, Oxitec va construire une nouvelle usine de production dans la région, a rapporté mardi le site d'information en ligne Digital Journal.

D’autant que les demandes affluent. De tout le Brésil, mais aussi d’autres pays sud-américains : l’Inde et le Sri Lanka seraient ainsi en discussion avancée avec l'entreprise. En revanche, la Malaisie a renoncé au dispositif, après des réactions mitigées au sein de la population.

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