Donald Trump repart à l'attaque

Le milliardaire Donald Trump avant de s'adresser à ses partisans dans l'Iowa, le 1er février 2016 [Jim WATSON / AFP] Ted Cruz a réagi avec humour aux accusations de Donald Trump. [Jim WATSON / AFP]

Après avoir fait profil bas quelques heures, le milliardaire Donald Trump est reparti au combat mercredi dans la campagne présidentielle américaine, accusant le sénateur Ted Cruz d'avoir "volé" l'élection dans l'Iowa et réclamant qu'elle soit annulée.

"Ted Cruz n'a pas gagné l'Iowa, il l'a volé. C'est pour ça que les sondages se sont tellement trompés, et c'est pour ça qu'il a eu beaucoup plus de voix qu'anticipé", a tweeté Donald Trump.

L'Iowa a été le premier Etat américain à voter lundi soir pour départager les candidats républicains et démocrates à l'élection présidentielle. Donald Trump, grand favori des sondages côté républicain, a été devancé par le sénateur ultra-conservateur du Texas Ted Cruz qui a remporté le scrutin avec 27,7% des voix. Donald Trump est arrivé deuxième, avec 24,3% des voix, talonné par le sénateur de Floride Marco Rubio, à 23,1% des voix.

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"Basé sur la fraude commise par le sénateur Ted Cruz durant le caucus de l'Iowa, une nouvelle élection devrait être organisée, ou les résultats de Cruz invalidés", a insisté Donald Trump sur Twitter.

Il a accusé l'équipe de campagne de Cruz d'avoir, juste avant le scrutin, affirmé que Ben Carson, autre candidat républicain, quittait la course, invitant ses partisans à voter pour le sénateur texan. "Beaucoup de gens ont voté pour Cruz plutôt que Carson à cause de cette fraude de Cruz", a affirmé Donald Trump.

"Encore un super caprice de Trump", a riposté Ted Cruz sur Twitter.

Depuis le New Hampshire (nord-est) où il faisait campagne, Ted Cruz a ensuite déclaré que les tweets de Donald Trump le faisaient rire. "Il est en train de craquer. Nous avons besoin d'un commandant en chef et pas d'un twitteur en chef", a ironisé le sénateur du Texas, en estimant que Trump n'avait "pas le caractère d'un leader pour assurer la sécurité du pays".

La nouvelle attaque de Donald Trump, qui s'est distingué par ses déclarations guerrières depuis le début de la campagne, n'a guère impressionné.

"A ce stade, se plaindre comme ça est un signe de faiblesse", a déclaré à l'AFP Robert Shapiro, expert politique de l'université de Columbia à New York. "Il faut qu'il passe à autre chose, qu'il avance", a-t-il ajouté, rappelant que Donald Trump était non seulement en tête des sondages dans le New Hampshire, le prochain Etat à voter mardi, mais aussi au niveau national côté républicain.

Impact psychologique

Pour Rick Wilson, consultant républicain favorable à Marco Rubio, Donald Trump cherche à "faire diversion", pour faire oublier son échec dans l'Iowa. "Il a prouvé dans l'Iowa qu'il n'avait pas d'organisation, pas de participation. (...) Je ne pense pas que sa crise d'aujourd'hui aide sa campagne. Il apparaît puéril et irascible. Il devrait parler aux électeurs du New Hampshire, plutôt que de hurler contre l'Iowa qui ne lui a pas donné la première place", a-t-il déclaré à l'AFP.

Robert  Shapiro a aussi souligné qu'en terme de décompte des délégués - qui décideront au final des candidats républicain et démocrate à la Maison Blanche - la deuxième place de Donald Trump dans l'Iowa n'avait quasiment aucune importance.

Mais l'Iowa a eu un impact psychologique, renforçant le sénateur Cruz, détesté par l'establishment républicain, confortant la campagne de Marco Rubio, et, côté démocrate, celle de Bernie Sanders face à Hillary Clinton qui a gagné d'extrême justesse, par 49,8% contre 49,6%. Jamais l'Iowa n'avait enregistré un score aussi serré du côté démocrate et Bernie Sanders n'a pas officiellement concédé sa défaite.

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"Pour vous dire la vérité, le caucus de l'Iowa est tellement compliqué, ce n'est pas sûr à 100% que nous n'ayons pas gagné", a déclaré sur NBC celui qui prêche pour une "révolution politique".

Bernie Sanders a ajouté que sa campagne "allait parler aux responsables démocrates" de l'Iowa.

Rand Paul, candidat républicain "libertarien", qui n'a obtenu que 4,5% des voix dans l'Iowa, a lui annoncé qu'il jetait l'éponge. Le catholique ultra-conservateur Rick Santorum, qui avait remporté l'Iowa en 2012 mais n'a obtenu que 1% des voix lundi, a lui aussi quitté la course. "Ce n'était simplement pas notre année", a-t-il commenté sur Twitter, annonçant son soutien pour Marco Rubio.

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