Brésil : les festivités du carnaval débutent sur fond de Zika

Une membre de l'école de samba Unidos do Peruche lors d'un défilé à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016 [NELSON ALMEIDA / AFP] Une membre de l'école de samba Unidos do Peruche lors d'un défilé à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016 [NELSON ALMEIDA / AFP]

Un moustique, même s'il est vecteur du virus Zika, ne gâchera pas le plus grand spectacle à ciel ouvert du monde : les luxueux défilés du carnaval de Rio commencent dimanche soir sur le sambodrome.

Le carnaval suit son cours, ignorant les alertes selon lesquelles le virus actif du Zika, transmis par le moustique Aedes Aegypti, a été détecté dans la salive, l'urine, le sang et le sperme de quelques malades, même s'il n'est pas encore établi qu'il se transmet par ces voies.

A lire aussi : Virus Zika : 22.612 cas en Colombie

Les six premiers défilés des 12 grandes écoles de samba de Rio qui se disputeront le titre prestigieux de "Championne du carnaval 2016" commenceront à 21H30 (23H30 GMT) devant 70 000 spectateurs.

Des membres de l'école de samba Unidos do Peruche défilent à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016 [NELSON ALMEIDA / AFP]
Photo
ci-dessus
Des membres de l'école de samba Unidos do Peruche défilent à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016

Beaucoup d'entre eux se seront couverts de crème anti-moustiques, dont les ventes ont été multipliées par huit par rapport à l'an dernier, a indiqué à l'AFP, le porte-parole des laboratoires Osler qui fabrique un type de répulsif.

La plupart des cinq millions de fêtards - dont un million de touristes - qui prennent les rues d'assaut au rythme de la samba dans les "blocos" (les défilés populaires de rues) où la bière coule à flot et la drague est de rigueur, ne semblent guère préoccupés par les craintes autour du Zika qui font la une de la presse mondiale.

Des membres de l'école de samba Imperio de Casa Verde lors d'un défilé à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016 [NELSON ALMEIDA / AFP]
Photo
ci-dessus
Des membres de l'école de samba Imperio de Casa Verde lors d'un défilé à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016

Mais les autorités de la ville préfèrent ne pas courir de risques et une quinzaine d'agents sanitaires ont été les premiers à défiler il y a dix jours sur le sambodrome.

En combinaison jaune avec masque et lunettes, ils ont pulvérisé les 700 mètres de la piste et les tribunes du sambodrome pour éliminer tout foyer de prolifération du moustique qui transmet également la dengue, la fièvre jaune et la chikungunya.

Des membres de l'école de samba Academicos do Tucuruvi lors d'un défilé à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016 [NELSON ALMEIDA / AFP]
Photo
ci-dessus
Des membres de l'école de samba Academicos do Tucuruvi lors d'un défilé à Rio de Janeiro, au Brésil, le 6 février 2016

Le carnaval arrive cette année au milieu d'une explosion de ce virus qui dans 80% des cas ne provoque pas de symptômes mais est associé à une explosion de cas de microcéphalies chez des nourrissons nés de mères infectées par le Zika au début de leur grossesse.

Mais, les défilés ont dû également faire face à la récession économique que traverse le Brésil et ont du économiser, faute de sponsors. La crise a été si forte que 48 villes ont décidé d'annuler leur carnaval, certaines pour affecter les fonds à la lutte contre le moustique.

Moins de financements

Les sponsors et le matériel ont fait défaut cette année, en raison de la hausse du dollar qui a freiné les importations de tissus de Chine notamment, pourtant essentiels pour la fabrication des chars et des costumes.

Chaque école dépense entre 12 et 15 millions de réais (2,6 et 3,3 millions d'euros) financés en partie par la mairie, des entreprises et pour certaines, par des mafieux des jeux clandestins.

Des milliers de personnes assistent à un défilé de carnaval sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, le 6 février 2016, avant le coup d'envoi officiel de la fête [FERNANDO MAIA / AFP]
Photo
ci-dessus
Des milliers de personnes assistent à un défilé de carnaval sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, le 6 février 2016, avant le coup d'envoi officiel de la fête

L'an dernier, les autorités locales ont cessé de les financer et la compagnie pétrolière Petrobras, secouée par un scandale de corruption, a réduit considérablement ses contributions.

Même le défilé célébrant les jeux Olympiques qui débuteront dans six mois à Rio, choisi par l'école de samba Uniao da Ilha, n'a reçu aucun financement des organisateurs.

"Nous avons commencé à travailler sur une promesse de financement qui n'est jamais arrivée", a déclaré à l'AFP le directeur du défilé, Pauo Menezes.

La première à défiler dimanche, Estacio de Sá, rendra hommage au guerrier Saint Georges, patron non officiel de Rio, protecteur des policiers, des bandits et de tous ceux qui travaillent la nuit.

Le carnaval de Rio de Janeiro 2016 [Gustavo Izus/, Nicolas Ramallo / AFP]
Photo
ci-dessus
Le carnaval de Rio de Janeiro 2016

Cinq autres écoles défileront ensuite : Uniao da Ilha, Beija-Flor (championne de 2014 avec un défilé polémique financée par la Guinée Équatoriale), Grande Rio, Mocidade et Unidos da Tijuca.

Grande Rio célébrera la ville de Santos, dans l'Etat de Sao Paulo, dont la mairie n'a rien financé. Certains chars rendront hommage à des stars du foot comme Neymar et le légendaire roi Pelé qui ont fait leurs armes au Santos FC.

La première nuit de défilés terminera à l'aube vers 4h20 (6h20 GMT). Lundi soir, six autres écoles prendront le relais pour une nouvelle nuit de magie et de fête.

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles