Le chanteur des Eagles of Death Metal certain d'être "chargé par Dieu" de revenir à Paris

Jesse Hughes pendant une interview avec l'AFP à Stockholm le 13 février 2016 [GUSTAV MAARTENSSON / AFP] Jesse Hughes pendant une interview avec l'AFP à Stockholm le 13 février 2016 [GUSTAV MAARTENSSON / AFP]

Jesse Hughes, leader du groupe Eagles of Death Metal qui se produisait au Bataclan le 13 novembre, est certain d'avoir été "chargé par Dieu" de revenir à Paris et de jouer pour "ses amis", tombés sous les balles des terroristes.

"J'ai le sentiment que nous avons été choisis par les circonstances (...), pour le meilleur et pour le pire. Je le prends comme une responsabilité. C'est Dieu qui m'en a chargé", assure ce fervent catholique dans un entretien à l'AFP samedi soir à Stockholm, trois mois jour pour jour après la tuerie.

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Les cinq rockeurs jouaient au Bataclan devant près de 1 500 personnes le 13 novembre quand un commando de jihadistes était entré dans la célèbre salle de concert parisienne et avait ouvert le feu, faisant 90 morts, dont l'un des responsables commerciaux du groupe, Nick Alexander.

Le chanteur des Eagles of Death Metal, Jesse Hughes, sur scène à Stockholm le 13 février 2016 [Vilhelm Stokstad/TT / TT News Agency/AFP]
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Le chanteur des Eagles of Death Metal, Jesse Hughes, sur scène à Stockholm le 13 février 2016

Les "EODM" avaient annulé leur tournée européenne après cette attaque mais avaient déclaré peu après qu'ils voulaient être "le premier groupe à jouer au Bataclan quand il rouvrirait", ce qui ne devrait pas arriver avant la fin de l'année, au plus tôt. "Nous avons besoin de revenir dans ce lieu, sans peur", assure Jesse Hughes.

"EODM" remontait sur scène samedi soir dans la capitale suédoise, avant Oslo dimanche puis l'Olympia à Paris mardi, premières dates de ce "Nos Amis Tour".

Jesse Hughes pose pour l'AFP pendant une interview à Stockholm le 13 février 2016 [GUSTAV MAARTENSSON / AFP]
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Jesse Hughes pose pour l'AFP pendant une interview à Stockholm le 13 février 2016

Jamais la salle de concert Debaser, au cœur de Stockholm, n'avait connu un tel dispositif de sécurité : des chiens parcourent les étages à la recherche d'éventuels explosifs, des policiers en civil sont postés dans la salle, la fouille au corps est obligatoire à l'entrée.

"Je porte toujours un flingue sur moi maintenant aux Etats-Unis (...). Je ne suis pas un cowboy, mais je veux être prêt", lâche Jesse Hughes, militant de la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes outre-atlantique. Et d'ajouter aussitôt: "Personne ne m'empêchera d'être celui que je suis (...) mais je ne me laisse pas envahir par la haine".

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Les "EODM" sont brièvement réapparus à Paris en décembre aux côtés de U2 lors d'un concert du groupe irlandais à la salle de Bercy, mais cette tournée constitue leur véritable retour. "Ce sont nos amis qui ont été attaqués et qui ont péri. Cette tournée doit avoir un sens, pour que nous puissions tourner la page et redevenir un groupe de musique ordinaire".

Le groupe américain Eagles of Death Metal sur la scène du Bataclan à Paris le 13 novembre 2015, quelques instants avant l'irruption des kamikazes qui ont ouvert le feu sur le public [Marion Ruszniewski / Rock&Folk/AFP/Archives]
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Le groupe américain Eagles of Death Metal sur la scène du Bataclan à Paris le 13 novembre 2015, quelques instants avant l'irruption des kamikazes qui ont ouvert le feu sur le public

Chemise à gros carreaux rouge et blanc, veste de cuir, lunettes à verres roses, Jesse Hughes raconte encore la soirée du 13 novembre, ne s'interrompant que pour sécher ses larmes ou allumer une cigarette.

"Il y avait plusieurs policiers dans le public, et tu sais, j'adore les flics, et l'un d'eux s'est jeté pour arrêter une balle et il ne marchera plus. Je vais passer autant de temps que possible à ses côtés", assure le musicien qui se dit "fervent catholique".

A Paris, il ira aussi voir de jeunes rescapés de la tragédie, ces "gamins blessés, complètement bousillés physiquement". "Si le fait que je vienne les voir peut les aider, alors c'est génial, il n'y a rien de plus important dans ma vie".

Le chanteur et le guitariste du groupe américain Eagles of Death metal Jesse Hughes et Dave Catching rendent hommage le 8 décembre 2015 aux victimes des attentats de Paris devant le mémorial improvisé devant le Bataclan [MIGUEL MEDINA / AFP/Archives]
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Le chanteur et le guitariste du groupe américain Eagles of Death metal Jesse Hughes et Dave Catching rendent hommage le 8 décembre 2015 aux victimes des attentats de Paris devant le mémorial improvisé devant le Bataclan

Entre rires et larmes, Jesse Hughes confie aussi écrire un titre à partir du traumatisme du 13 novembre. "Mon ex-femme, je l'ai mise dans une chanson et elle y est restée. Je vais faire pareil avec ces enfoirés et je les laisserai là, comme des imbéciles".

Jesse Hughes refuse de dévoiler le déroulé du concert de l'Olympia. Josh Homme, le co-fondateur du groupe qui n'était pas au concert du Bataclan, sera-t-il présent ? Peut-être, peut-être pas, s'amuse-t-il.

Le groupe autrichien White Miles, qui avait assuré la première partie du concert le soir de l'attentat, est lui aussi de la nouvelle tournée qui compte pour le moment près d'une vingtaine de dates. En France, outre Paris, elle fera étape à Lille (le Splendid) le 24 février et Nîmes (Paloma) le 2 mars.

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