Attentat d'Ankara : le pouvoir accuse les Kurdes

Du sang sur l'uniforme d'un soldat turc après l'attaque meurtrière d'un convoi militaire dans le sud-est de la Turquie, le 18 février 2016 [ILYAS AKENGIN / AFP] Les autorités turques ont affirmé jeudi que l'attaque à la voiture piégée avait été planifiée par le PKK et les combattants des Unités de protection du peuple (YPG) kurdes. [ILYAS AKENGIN / AFP]

La Turquie, qui accuse le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les milices kurdes de Syrie d'avoir perpétré l'attentat d'Ankara, bombardait dans la nuit de jeudi à vendredi des secteurs kurdes au nord d'Alep.

L'attentat de mercredi soir en plein centre d'Ankara a tué 28 personnes et fait 81 blessés, selon le dernier bilan.

Le président Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet Davutoglu ont affirmé jeudi que l'attaque à la voiture piégée, qui a visé un convoi de bus transportant des militaires, avait été planifiée par le PKK et les combattants des Unités de protection du peuple (YPG) kurdes. "Cette attaque terroriste a été commise par des éléments de l'organisation terroriste (PKK) en Turquie et un milicien des YPG", a lancé M. Davutoglu. "L'attaque a un lien direct avec les YPG", a-t-il ajouté.

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Le chef de Parti de l'union démocratique (PYD), Saleh Muslim, a démenti à l'AFP "toute implication" de son bras armé, les YPG. L'un des chefs du PKK, Cemil Bayik, a aussi réfuté ces allégations.

Recep Tayyip Erdogan a balayé ces dénégations. "Les informations du ministère de l'Intérieur et des services de renseignement montrent qu'ils sont les responsables", a-t-il déclaré devant la presse.

Il y a à peine quatre mois, Ankara avait déjà été visée par un attentat suicide qui avait fait 103 morts, attribué cette fois par les autorités à Daesh.

Des soldats turcs devant le site d'un attentat meurtrier à Ankara le 17 février 2016 [ADEM ALTAN / AFP]
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Des soldats turcs devant le site d'un attentat meurtrier à Ankara le 17 février 2016

 

Après deux ans de cessez-le-feu, des affrontements meurtriers ont repris l'été dernier entre les forces de sécurité turques et le PKK dans le sud-est à majorité kurde du pays. Jeudi matin, un convoi militaire a été attaqué dans cette région, tuant au moins six soldats, selon les services de sécurité.

L'attentat de mercredi intervient alors que l'artillerie turque bombarde depuis le 13 février les YPG, qui ont profité de l'offensive des forces du régime de Damas dans la province d'Alep (nord), appuyées par les raids aériens russes, pour prendre le contrôle de nouveaux territoires proches de la Turquie.

Jeudi soir, les obusiers turcs basés autour de Kilis (sud) ont à nouveau ouvert un feu nourri sur les positions kurdes, a constaté un journaliste de l'AFP.

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Les bombardements se poursuivaient dans la nuit, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui évoque la "plus forte attaque" contre les zones kurdes en Syrie depuis le début de la campagne de bombardements.

La veille, les Turcs avaient fait passer la frontière à 500 rebelles syriens venus "prêter main forte aux insurgés face à la progression des forces kurdes" dans la région d'Azaz, au nord d'Alep, selon l'OSDH.

Le gouvernement d'Ankara accuse les YPG et le PYD d'être des organisations "terroristes" car proches du PKK. A l'inverse, Washington arme ces deux mouvements, à la pointe du combat contre les jihadistes. "L'hypocrisie de ceux qui envoient des armes aux organisations terroristes et nous envoient des messages de condoléances doit cesser", a déploré son vice-Premier ministre Yalçin Akdogan.

Les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne ont été "invités" au ministère turc des Affaires étrangères pour y être informés des détails de l'enquête, notamment sur l'implication kurde, a indiqué à l'AFP un de ses responsables.

 

 

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