Les Indiens américains et les Sibériens sont cousins

Une étude vient de prouver que les Amérindiens et les peuples de l'Altaï ont des gênes en commun. [Flickr/Valerie et Voyages Lambert]

Ils sont aujourd'hui éloignés de plusieurs milliers de kilomètres, et pourtant, les Amérindiens et les peuples du sud de la Sibérie partagent le même patrimoine génétique.

C'est ce qu'a confirmé récemment une large étude menée par un éminent généticien russe. Les scientifiques suspectaient en effet ce lien depuis environ un siècle, et les prestigieuses revues Nature et Science avaient publié en 2013 les résultats d'études -plus restreintes- allant en ce sens. Mais depuis 2015, le docteur Oleg Balanovsky a passé au peigne fin avec ses équipes plus de 25 000 échantillons d'ADN provenant de personnes de 90 nationalités. Et il est apparu que certains des gènes des Indiens d'Amérique (Incas, Aztèques et Iroquois) sont similaires à ceux des peuples de l'Altaï, une région de la Sibérie située au sud de la Russie, à la croisée de la Chine, de la Mongolie et du Kazakhstan.

Les ancêtres des Amérindiens auraient migré depuis la Sibérie il y a 20.000 à 30.000 ans. Ils auraient transité par l'extrême nord-est de la Russie pour rejoindre l'Alaska, avant de descendre jusqu'au sud de l'Amérique et la Terre de Feu. "A la place de l'actuel détroit de Béring, il y avait alors un pont de terre. Pendant l'ère glaciaire, beaucoup d'eau était en effet retenue dans les glaciers, et le niveau des océans de la planète était donc plus bas", explique le docteur Balanovsky.

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Par ailleurs, le généticien russe a fait une autre découverte intéressante : "outre celui avec leurs ancêtres de Sibérie, certains Amérindiens ont montré un lien surprenant avec les peuples autochtones de l'Australie et de la Mélanésie dans l'océan Pacifique", indique Oleg Balanovsky. Avant d'ajouter : c'est étonnant car ils sont vivent dans des régions presque à l'opposé sur la planète". Il n'est cependant pas parvenu à établir le chemin qu'ils ont emprunté depuis l'Océanie vers l'Amérique.

Les archéologues vont ainsi ainsi devoir continuer à chercher comment s'est déroulée la migration : directement à travers l'océan à bord de radeaux et de bateaux de fortune ; ou bien en passant par les terres et eux aussi via le détroit de Béring, en remontant les côtes asiatiques jusqu'aux îles Aléoutiennes, situées entre le Kamtchatka (Russie) et l'Alaska (Etats-Unis).

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