Terrorisme : vers une réponse commune de l'Europe

Une politique européenne commune en termes de sécurité est nécessaire. [PATRICK HERTZOG / AFP]

Les attentats survenus le 22 mars en plein Bruxelles mettent en lumière le manque de coordination des vingt-huit membres en termes de sécurité.

Deux attentats majeurs, à moins de six mois d’écart, dans deux capitales emblématiques du continent. Avec les attaques de Paris et Bruxelles, des millions d’Européens ont été touchés en plein coeur. Mais au-delà de l’émotion, la priorité est de tout faire pour éviter que cela ne se reproduise pas. Si de possibles failles des services de renseignement belges sont pointées du doigt, c’est toute la stratégie sécuritaire de l’Europe qui semble inadaptée. Au grand dam de la France, qui veut une réponse commune et rapide. «Si le projet européen s’essouffle [...] c’est parce que les paroles trop souvent ne se traduisent pas en actes», estimait ainsi Manuel Valls mercredi.

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La France entend faire avancer l’Union sur plusieurs dossiers clés. En premier lieu celui du PNR («Passenger Name Record»). Ce fichier européen des données personnelles des voyageurs aériens, qui permettrait de croiser les informations avec les fichiers criminels, est toujours bloqué par certains eurodéputés soucieux de la protection des données.

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D’autres outils, déjà existants, doivent quant à eux être améliorés. Si, dans les faits, l’Europe dispose déjà d’une immense base de données sur les personnes recherchées, le Système d’information Schengen (SIS), celui-ci s’avère rarement ou mal alimenté. De plus, ces données ne sont pas forcément recoupées avec celles d’Interpol. Paris fait également partie de ceux qui réclament plus de contrôles aux frontières extérieures de l’Europe. Une demande qui devrait bientôt aboutir avec la modification du Code des frontières Schengen, votée en décembre dernier, permettant de vérifier l’identité de chaque voyager entrant ou sortant de l’UE.

Enfin, comme l’a rappelé hier le président François Hollande (par l’intermédiaire de Stéphane Le Foll), l’Europe doit renforcer «la lutte contre le trafic d’armes». Rien qu’en France, 541 armes, dont 41 de guerre, ont été saisies durant les perquisitions effectuées dans le cadre de l’Etat d’urgence.

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Pour leurs partisans, ces mesures doivent être appliquées de toute urgence, sous peine de voir l’Europe une nouvelle fois frappée. En effet, les menaces de Daesh contre le continent ne cessent de se faire entendre. En revendiquant les attentats de Bruxelles, le groupe jihadiste, qui perd de plus en plus de terrain en Syrie et en Irak, a ainsi promis «des jours bien sombres» aux pays qui font partie de la coalition militaire.

Il y a quelques semaines, c’est la Grande-Bretagne qui été directement visée dans une vidéo. Mercredi, un Britannique a d’ailleurs été condamné pour avoir préparé un attentat pour Daesh contre des policiers à Londres. Quelques jours auparavant, c’est un Allemand de retour de Syrie qui a été reconnu coupable de préparer des opérations dans son pays d’origine. 

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