Les pires catastrophes nucléaires de l’histoire

La centrale nucléaire du Bugey, dans l’Ain, en France.[PHILIPPE DESMAZES / AFP]

Les catastrophes nucléaires sont classées de 1 à 7 selon une échelle de gravité INES (échelle internationale des évènements nucléaires) élaborée en 1990 suite à la catastrophe de Tchenobyl par l’Agence internationale de l’énergie atomique et l’Agence pour l’énergie nucléaire.

Accidents de niveau 5

  • 1952 : Accident aux laboratoires nucléaires de Chalk River (Canada) 

Quelque mois après l’ouverture de la tout première centrale nucléaire de l’histoire (1951), aux Etats-Unis, une perte de l’eau de refroidissement dans le réacteur entraîne une série d’explosions. Le toit des laboratoires est soulevé par le souffle, entraînant des fuites de gaz radioactifs dans l’atmosphère et le déversement de 4.000 mètres cubes d’eau contaminée. Le premier incident nucléaire de l’histoire. 

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  • 7 octobre 1957 : Incendie à la centrale de Windscale (Royaume-Unis)

En 1957, la première centrale nucléaire britannique (depuis renommée Sellafield) est le théâtre d’une catastrophe importante : le réacteur numéro 1 du site prend feu à cause d’une réaction chimique relative au graphite. L’incendie nucléaire dure alors plusieurs jours pendant lesquels des tonnes de combustibles nucléaires partirent en fumée. Une fois l’incendie éteint, le réacteur fut scellé avec 15 tonnes de combustibles nucléaires encore à l’intérieur. La principale préoccupation sanitaire après la catastrophe concernait le lait. Tout le lait produit dans les 500 kilomètres carrés autour de la centrale fut donc collecté puis détruit. 

  • 28 mars 1979 : Accident nucléaire de Three Mile Island (Etats-Unis)

C’est à la fois le plus important et le plus célèbre des accidents nucléaires ayant eu lieu aux Etats-Unis. Un enchaînement de dysfonctionnements techniques et d’erreurs humaines conduit à une fusion du cœur du réacteur numéro 2. L’enceinte de confinement joue malgré tout son rôle, les rejets radioactifs provoquent donc une forte contamination à l’intérieur de l’enceinte, mais sans affecter l’extérieur de la centrale. 140.000 personnes sont malgré tout temporairement déplacées par sécurité. 

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  • A partir du 13 septembre 1987 : Accident nucléaire de Goiânia (Brésil)

Aucune catastrophe à l’origine de cet accident, seulement la passivité des autorités locales, et la curiosité de quelques individus. Il se produit en effet après qu’un appareil médical de radiothérapie ait été récupéré par des ferrailleurs sur le site d’un hôpital abandonné. Passé entre plusieurs mains, toutes curieuses de comprendre l'origine de cette matière, l’appareil aurait, selon l’AIEA, fait quatre morts et contaminé 245 personnes. 

Accident de niveau 6

Un seul accident a été classé niveau 6 dans l’histoire. Ce niveau correspond à un rejet important de matières radioactives susceptible d’exiger l’application intégrale des contre-mesures prévues. 

  • 29 septembre 1957 : Catastrophe nucléaire de Kychtym (URSS)

L’accident se produit lorsque les systèmes de refroidissement de l’un des réservoirs du complexe nucléaire Maïak, près de la ville de Kychtym, dans l’oblast de Tcheliabinsk (actuelle Russie), tombe en panne. La température du réservoir monte alors en flèche, provoquant une explosion chimique des déchets (entre 70 et 80 tonnes de déchets nucléaires étaient contenus dans le réservoir). Le toit en béton est soufflé, et dans les heures qui suivent, un nuage radioactif se déplace vers le Nord-Est jusqu’à une distance de 350 kilomètres du lieu de l’explosion.  Dans les jours qui suivirent, les 10.000 habitants de la région touchée furent évacués, sans que l’état ne justifie cette opération. De nombreuses informations sur cette catastrophe ont été supprimées par le gouvernement soviétique. 

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Accidents de niveau 7

Ce niveau correspond aux accidents de gravité majeure, et n’a été attribué que deux fois dans l’histoire. Il implique un rejet majeur de matières radioactives à l’extérieur, qui comporte un risque important sur la santé et l’environnement. 

  • 26 avril 1986 : Accident nucléaire de Tchernobyl (URSS)

Considéré comme le plus grave accident nucléaire jamais répertorié, l’accident de Tchernobyl est la conséquence d’un enchaînement d’erreurs de conception et humaines. Le réacteur numéro 4, mal conçu, mal exploité, mal entretenu et mal géré, voit sa puissance augmenter de façon incontrôlée. Une situation qui conduira finalement à la fusion du cœur du réacteur nucléaire. La fuite d’éléments radioactifs est considérable, et près de 250.000 personnes sont évacuées. Un nuage de fumée saturé de particules radioactives, formé après la catastrophe, va parcourir l’Europe pendant plusieurs jours. Un sarcophage sera par la suite mis en place au-dessus du réacteur numéro 4 afin d'éviter des fuites supplémentaires.

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  • 11 mars 2011 : Accident nucléaire de Fukushima (Japon)

Dernière catastrophe nucléaire en date, l’accident de Fukushima est la conséquence directe d’un séisme survenu le 11 mars 2011. Les secousses entraînent ainsi un arrêt des réacteurs, et coupent l’alimentation électrique du site nucléaire. Des groupes électrogènes prennent bien le relai, mais ils sont noyés par le tsunami déclenché par le séisme. Le système de refroidissement n’étant plus alimenté, le cœur de trois réacteurs nucléaires rentrent en fusion. Selon les estimations, l’accident aurait dispersé l’équivalent d’environ 10% de l’accident de Tchernobyl. Les infrastructures de la centrale vont être démantelés dans les 40 ans à venir. 

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