Les victimes du 11 Septembre autorisées à poursuivre l’Arabie Saoudite

Le Sénat américain a adopté à l’unanimité le texte permettant aux victimes du 11 septembre à poursuivre l’Arabie Saoudite.[SAUL LOEB / AFP]

Le Sénat américain a adopté mardi 17 mai une proposition de loi qui autorise les familles des victimes du 11 septembre 2011 à poursuivre l’Arabie Saoudite pour son rôle présumé dans les attentats. 

Le texte, qui pourrait déclencher une crise diplomatique entre Riyad et Washington, a été adopté à l’unanimité par le Sénat américain. Il doit maintenant être examiné par la Chambre des représentant. Bien que cette institution soit, comme le Sénat, à majorité républicaine, son président, Paul Ryan, a déjà exprimé des réserves concernant ce texte dont la portée pourrait être conséquente pour les relations entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite

A lire aussi : Etats-Unis : Hillary Clinton peine à écarter Bernie Sanders

Le veto de Barack Obama

Pour sa part, Barack Obama, le président des Etats-Unis, a déjà annoncé qu’il mettrait son veto à cette loi. Un veto que Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche et cité par FoxNews, a expliqué en ces termes : «cette loi changerait le droit international traditionnel à l’égard de l’immunité des États. Le président des Etats-Unis continue de craindre que cette loi ne rende les Etats-Unis vulnérables dans d’autres systèmes judiciaires partout dans le monde». En filigrane, c’est la remise en cause du principe d’immunité qui inquiète l’administration Obama, mais aussi et surtout les relations diplomatiques avec l'Arabie Saoudite. 

28 pages au centre des discussions

Pourtant cette loi était particulièrement attendue par le peuple américain. D’abord parce que 15 des 19 pirates de l’air des attentats du 11 septembre 2001 étaient saoudiens. Aussi et surtout en raison des 28 pages censurées du rapport de la commission d’enquête américaine sur les attentats. Des pages qui, selon des membres de la commission d’enquête qui ont pu le consulter, prouvent le rôle financier de l’Arabie Saoudite. Si ces éléments venaient à être confirmés, et donc le rôle de Riyad prouvé, les familles des victimes pourraient poursuivre l’Arabie Saoudite pour obtenir des indemnisations. 

Les deux candidats à la Maison Blanche, Hillary Clinton et Donald Trump ont pour leur part apporté leur soutien à la proposition de loi. Reste à voir si cette posture sera toujours tenable une fois confrontés à l’exercice du pouvoir. 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles