La ville de Pékin s'affaisse de 11 cm par an

La baisse du niveau du sol est particulièrement accentuée dans le district de Chaoyang, à l'image. [Fred Dufour / AFP]

Selon une étude scientifique relayée vendredi 24 juin par le quotidien britannique The Guardian, certains quartiers de Pékin s'affaissent jusqu'à 11 centimètres chaque année. Un abaissement qui s'explique par le pompage intensif des eaux souterraines.

Cet effondrement constitue une menace potentielle pour la sécurité des habitants, selon les auteurs de l'étude. Le professeur Li Mi Xiaojuan, l'un des sept chercheurs signataires, souligne que ce bouleversement de la géologie de la capitale chinoise pourrait également «avoir un fort impact sur les infrastructures critiques que sont, par exemple, les trains à grande vitesse».

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Cet abaissement du sol est particulièrement accentué dans le district de Chaoyang, souligne l'étude. Une zone géographique dont la topographie a complètement changé depuis le milieu des années 1990, avec l'apparition de grattes-ciel, de périphériques, et autres infrastructures de transport.

En cause, les puits entourant la ville

Comme l'indique le Guardian, la ville de Pékin a été construite sur une plaine aride au-dessous de laquelle l'eau s'est accumulée au fil des millénaires. La construction de dizaines de milliers de puits tout autour de la capitale, utilisés pour la majorité d'entre eux dans l'agriculture ou le jardinage, ont perforé le sol de tout autant de «trous», ce qui l'aurait donc conduit à s'affaisser, un peu comme le ferait une éponge desséchée. Selon Ma Jun, le directeur de l'Institut des affaires publiques et de l'environnement de Pékin cité par le journal britannique, l'Etat a le pouvoir de réglementation sur l'installation de ces puits «mais les modalités d'application sont opaques».

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L'année dernière, la Chine a lancé la construction d'un vaste projet de dérivation d'eau appelé «North Water Diversion». Ce réseau de 2.400 km de canaux et de tunnels a pour objectif d'atténuer la crise hydraulique de Pékin en détournant l'eau des provinces voisines à destination de la capitale. Malgré ces efforts, les experts disent qu'il est encore trop tôt pour savoir si les livraisons d'eau du canal permetteront de recharger le sol et de ralentir sa subsidence.

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