Les dérives racistes de la police de Baltimore dénoncées par la justice

[EDUARDO MUNOZ ALVAREZ / AFP]

Un rapport de la justice américaine rendu public ce mercredi 10 août montre que la police de Baltimore bafoue régulièrement les droits constitutionnels des habitants, et en particulier les noirs.

Ce rapport a été commandé en avril 2015, après la mort de Freddie Gray. Ce jeune noir de 25 ans était décédé des suites d'une fracture des vertèbres cervicales, après avoir été blessé lors de son interpellation. La justice avait alors décidé d'enquêter sur le comportement de la police locale en étudiant les dossiers des dernières années et en interrogeant aussi bien des résidents de Baltimore que des officiers, des procureurs, des avocats ou encore des élus.

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Arrestations non justifiées, usage excessif de la force, discrimination... Le résultat de cette enquête poussée pointe de nombreux comportements allant à l'encontre de la Constitution américaine. Et les premières victimes s'avèrent être les personnes issues de la communauté noire. 

Ainsi, sur un peu plus de 300.000 piétons arrêtés entre janvier 2010 et mai 2015, 44 % l'ont été dans deux petits quartiers de la ville principalement habités par des afro-américains, mais qui ne représentent que 11 % de la population totale. De plus, les noirs sont largement plus contrôlés que les blancs : 37 % de plus pour les piétons, 23 % pour les conducteurs. Alors que les chiffres montrent que les policiers trouvent deux fois plus souvent de la drogue ou des armes illicites sur les piétons blancs, et 50 % de plus dans les véhicules conduits pars des blancs.

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Le rapport pointe également le fait que de nombreuses plaintes contre la police pour racisme ont été classées sans suite. En 6 ans, une seule plainte a ainsi été classée comme telle. «Une aberration», selon les enquêteurs, qui ont retrouvé la trace de mot «nigger» («nègre») prononcé par un officier dans au moins soixante dossiers. En outre, cette discrimination semble venir de directives transmises directement par la hiérarchie. Selon le Baltimore Sun, une consigne avait ainsi été donnée «d'arrêter tous les noirs en capuche» se trouvant dans un quartier. 

Les auteurs du rapport soulignent néanmoins être «encouragés» d'avoir constaté une «vaste reconnaissance» de ces problèmes et un «vif intérêt pour réformer».

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