Shimon Peres, la paix pour testament

L'ancien dirigeant israélien Shimon Peres, ici en mai 2016, s'est éteint le 28 septembre. L'ancien dirigeant israélien Shimon Peres, ici en mai 2016, s'est éteint le 28 septembre. [JACK GUEZ / AFP]

L’ancien président israélien Shimon Peres est resté convaincu jusqu’à sa mort qu’un compromis était possible avec les Palestiniens, malgré l’impasse actuelle.

«Partenaire courageux pour la paix» pour Mahmoud Abbas, «ardent défenseur de la paix» selon François Hollande, n’ayant «jamais renoncé à la possibilité de la paix» d’après Barack Obama… De part et d’autres des océans, les hommages sont unanimes. Plus que l’ancien président ou Premier ministre, l’histoire se souviendra de Shimon Peres comme de l’artisan des accords d’Oslo, inlassable avocat de la résolution du conflit israélo-palestinien.

Il est mort hier sans avoir atteint son objectif, laissant à ses successeurs un riche héritage et de lourdes responsabilités.

Des accords fondateurs

En 1993, Shimon Peres était ministre des Affaires étrangères lorsqu’il a pris part aux négociations secrètes entre Israéliens et Palestiniens à Oslo, qui ont abouti à la signature des accords du même nom. L’initiative avait alors suscité une vague d’espoir immense, la poignée de main entre le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, et le leader palestinien Yasser Arafat s’affichant en une de tous les journaux du globe.

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L’idée de deux souverainetés sur deux territoires distincts semblait réalisable, bien que les dossiers les plus épineux, comme le statut de Jérusalem et le retour des réfugiés palestiniens, aient été remis aux négociations suivantes.

Symbole de cet élan d’espoir, le prix Nobel de la paix avait été remis l’année suivante à Shimon Peres, Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. «Nous laissons derrière nous l’ère de la belligérance», avait alors déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères. Et de fait, malgré le retour progressif du conflit, la reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’Autorité palestinienne n’a jamais été remise en question.

Un processus au point mort

Depuis, hormis en 2003, aucune nouvelle initiative de paix n’a dépassé le stade des réunions préparatoires. Un piétinement qui s’explique, selon Frédéric Encel, auteur de «Géopolitique d’Israel», par un manque de volonté, mais aussi l’absence de leaders à la hauteur de l’enjeu. «Il n’y a personne, dans la classe politique israélienne aujourd’hui, d’aussi original et percutant que ce qu’était Peres à l’époque», explique-t-il. Chaque tentative retombe donc sur les mêmes points d’achoppement.

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Parmi eux, la préférence israélienne pour des négociations bilatérales, quand les Palestiniens demandent des pourparlers internationaux. Une deuxième option d’autant plus improbable aujourd’hui que le chaos au Proche-Orient a fait passer Israel au second plan. «En cinq ans de guerre en Syrie, il y a eu trois fois plus de morts et dix fois plus de réfugiés qu’en soixante-dix ans de conflit israélo-arabe», souligne Frédéric Encel.

Dans ce contexte, la reprise du processus ne pourra venir que de l’intérieur. À l’initiative d’un nouveau Shimon Peres.  

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