Rachid Kassim se confie dans une interview

Rachid Kassim, jihadiste français visé par un mandat d’arrêt international, a accordé un entretien au site jihadology.net. [AFP PHOTO / HO / WELAYAT NINEVEH]

Rachid Kassim, jihadiste roannais de 29 ans soupçonné d’être à l’origine de plusieurs actions terroristes en France depuis les territoires contrôlés par Daesh, a accepté de parler à un universitaire américain.

Il est notamment soupçonné d’avoir téléguidé les deux jeunes responsables de l’assassinat d’un prêtre en l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray en juillet dernier. Dans le collimateur de tous les services de renseignement, il s’est livré dans un long entretien à Amarnath Amarasingam pour le site jihadology.net.

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Au cours de cet échange, le jihadiste visé par un mandat d’arrêt international raconte son enfance en France, où il est né en 1987 d’un père yéménite et d’une mère algérienne. Cette dernière l’emmène en Algérie après avoir divorcé, alors qu’il a 5 ans. Rachid Kassim revient en France quatre ans plus tard, un pays où le jihadiste assure ne s’être jamais «senti à sa place». De ces jeunes années en France, il raconte son école, «dirigée par deux homosexuels» où les équipes pédagogiques «essayaient de (lui) faire manger du porc». 

La France, «un pays de décadence»

Son opinion sur la France, «un pays de décadence», témoigne de sa haine de l’Hexagone. «J’ai pensé à attaquer la France quand j’y étais, et ma famille a pris peur à cause de ça. Les policiers me connaissaient. Dès que j’allais courir, il y en avait toujours deux qui me suivaient. Puis ils se cachaient. C’était ridicule». Un témoignage qui vient confirmer que le Roannais était suivi par les services de renseignement à l’époque. 

C’est en 2015 que Rachid Kassim décide de partir vers la Syrie avec sa femme et sa fille. Un périple en passant par la Turquie raconté en détails, notamment l’abandon visiblement douloureux de … son chat. Puis c’est depuis la Syrie que Kassim fait parler de lui en France. Quelques jours après l’attentat de Nice, il apparait dans une vidéo de Daesh, dans le rôle du bourreau. «Décapiter un animal serait difficile. Avec les ennemis d’Allah c’est un plaisir», commente celui qui menaçait également la France. 

«Nous n’arrêterons jamais de nous battre»

Pourtant aujourd’hui, Kassim se dit «triste». Pas de remords, au contraire, il confie que «beaucoup sont jaloux des frères qui attaquent» en Europe et hors des territoires contrôlés par Daesh. Il cite parmi ces derniers les auteurs de l’attaque de Saint-Étienne du Rouvray avec qui il a été en lien par l’intermédiaire de la messagerie cryptée Telegram. À ses yeux, les auteurs de cette attaques sont «des modèles et des héros». Une attaque à propos de laquelle Kassim dit que les service secrets «connaissent son rôle», et à propos de laquelle il n’a «rien à ajouter». 

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Interrogé sur l’avenir de Daesh, en proie à des difficultés sur les territoires que l'organisation terroriste contrôle, Kassim assure ne pas craindre la fin du groupe jihadiste : «nous trouverons un moyen, mais c’est sûr que nous n’arrêterons jamais de nous battre. Même si nous devons vivre dans des grottes dans les montagnes, le combat continuera. Le jihad a existé avant et pendant Daesh, et il sera là après Daesh. Si nous perdons une main, nous continuerons de nous battre avec l’autre». 

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