Après la mort de Fidel Castro, quel avenir pour Cuba ?

Fidel Castro conservait un poids considérable sur la politique cubaine. [YAMIL LAGE / AFP]

L’emprise de Fidel Castro, père de la révolution cubaine, a été telle durant des décennies que son décès devrait avoir des conséquences fortes pour l’île.

Comment vivre sans son «Comandante» ? Alors que les cendres de Fidel Castro, mort vendredi dernier à 90 ans, entament ce mercredi une procession de quatre jours à travers Cuba, l’île va devoir tourner la plus grande page de son histoire. Car s’il avait laissé le pouvoir à son frère Raul dès 2008, Fidel conservait un poids considérable sur la politique cubaine. Une sorte de figure paternelle qui distillait ses conseils et ses avis à travers des «réflexions» publiées dans la presse. Au-delà du symbole, sa disparition devrait donc avoir une incidence concrète sur l’avenir de Cuba.

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Une ouverture économique accélérée à Cuba ?

Dès son arrivée au pouvoir, Raul Castro a pris quelques distances avec son frère entamant une ouverture de l’économie cubaine. Une «dé-fidélisation» qui s’est notamment illustrée dans les domaines du travail privé et des investissements étrangers. Mais la mort de de Fidel, garant du modèle communiste d’Etat-providence, pourrait accélérer encore un peu plus les choses. «Nous ne voulons pas dépendre d’un seul marché, expliquait récemment au quotidien français Les Echos Rodrigo Malmierca Diaz , ministre du Commerce extérieur. Nous cherchons des points d’appui en Asie, en Europe et en Amérique latine.»

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Pourtant, l’état, qui contrôle encore 80 % de l’économie du pays, devrait rester le principal maître d’orchestre, dans un système politique inchangé. Le modèle castriste, avec un parti unique, n’a pour le moment aucune raison de changer tant que Raul est en place. Mais la question est de savoir si les Cubains seront du même avis. «Il existait un rapport très populiste entre la population et son leader, estime Pierre Rigoulot, auteur de Coucher de soleil sur La Havane (Flammarion). Le pouvoir risque d’être affaibli, moins respecté, et de payer la fin de cette relation.» Reste à savoir si les Cubains, qui pâtissent d’une situation économique critique, sont prêts à mener une nouvelle révolution.

Donald Trump, le facteur X

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser dans un premier temps, la mort de Fidel Castro n’accélèrera pas forcément le réchauffement des relations entre Cuba et les Etats-Unis. La faute en partie au prochain président américain, Donald Trump. En apprenant le décès du Lider Maximo, celui-ci s’est empressé de parler d’un «dictateur brutal qui a opprimé son peuple», faisant fi des habituelles règles de bienséance diplomatique. Il a également rappelé son souhait de mettre fin au dégel amorcé avec La Havane.

Fort d’un Congrès acquis au camp républicain, Trump ne devrait en effet avoir aucun mal à laisser en place l’embargo américain qui pénalise l’économie cubaine. Mais comme avec ses autres déclarations choc (climat, immigration...), difficile de savoir s’il est réellement enclin à aller au bout de ses promesses de campagne. 

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