Arabie Saoudite : un prince réclame la fin de l’interdiction de conduire pour les femmes

Il soulève la question du «coût économique» de cette interdiction pour le pays. [FAYEZ NURELDINE / AFP]

Il ne joue aucun rôle politique en Arabie Saoudite, mais son point de vue compte. Le prince Al-Walid ben Talal, membre de la famille royale, a lancé mardi un vibrant appel pour que les femmes saoudiennes obtiennent enfin le droit de conduire.

C’est que l'Arabie Saoudite est le dernier pays au monde où elles ne peuvent pas prendre le volant. «Arrêtez le débat : il est temps que les femmes conduisent» s'est exclamé sur son compte Twitter ce défenseur de longue date des droits des femmes dans son pays.

A lire aussi : Japon : les automobilistes âgés invités à échanger leur permis contre des ramen

Le prince renvoie vers le lien d'un communiqué qui détaille de façon argumentée son soutien au droit des femmes à conduire. Selon lui, il s'agit d'une part d'«une question de droits» semblable à celle qui se posait quand il leur était interdit d'avoir accès à l'éducation ou d'avoir une identité. D’autre part, il estime que des «actes injustes» imposés aux femmes sont en réalité «beaucoup plus restrictifs que ce qui est légalement permis par les préceptes de la religion» musulmane.

alwaleed.jpg

Le «coût économique» de l'interdiction

Enfin, il soulève la question du «coût économique» de cette interdiction qui oblige les femmes à recourir à des chauffeurs privés ou des taxis pour se déplacer ou bien à solliciter leurs maris qui s’absentent du coup de leur travail et réduisent de fait leur productivité.

A lire aussi : Voitures de fonction : les salariés vont payer leurs amendes

Et de conclure qu’autoriser les femmes à conduire est «une demande sociale urgente que la conjoncture économique justifie» en faisant référence aux difficultés budgétaires que connaît son pays. Il souligne ainsi que le recours à des chauffeurs étrangers coûte des milliards de dollars à l'économie saoudienne.

En Arabie Saoudite, les femmes doivent encore sortir voilées et ne peuvent pas voyager sans autorisation de leur mari ou d'un homme de leur famille, ni même manger seules dans un restaurant. Depuis quelques mois, elles ont le droit de se présenter à de voter des élections locales.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles