Ce que l'on sait de l'enlèvement de l'humanitaire française au Mali

Des soldats français de l'opération Barkhane patrouillent à Gao, dans le nord du Mali. Photo d'illustration. [DOMINIQUE FAGET / AFP]

Les zones d'ombres subsistaient toujours lundi quant aux circonstances exactes entourant le rapt de Sophie Pétronin, l'humanitaire française enlevée à Gao, dans le nord du Mali, samedi 24 décembre. Si l'acte n'a toujours pas été revendiqué, quelques éléments permettent néanmoins de tracer les contours de sa disparition.

Une humanitaire expérimentée

Sophie Pétronin s'est installée au début des années 2000 à Gao, la plus grande ville du nord du Mali, située à 1.200km au nord-est de la capitale Bamako. Spécialisée dans l'assistance aux enfants mal nourris, médecin nutritionniste de formation, elle était à la tête de l'association «Aide à Gao». 

Selon plusieurs sources, elle avait échappé de justesse aux islamistes armés qui avaient pris le contrôle de Gao durant plusieurs mois, en 2012, grâce à l'aide de rebelles touaregs qui l'avaient exfiltrée vers l'Algérie. Surnommée la «miraculée de Gao», elle avait raconté cette expérience dans un livre. Très attachée à la ville et à ses habitants, elle aurait toujours refusé de quitter Gao malgré la dégradation sécuritaire et l'instabilité politique.

Capturée «par des hommes armés»

Sophie Pétronin a été enlevée par des inconnus armés samedi 24 décembre dans l'après-midi. Selon une station de radio locale, ses ravisseurs sont arrivés à bord d'un pick up. «Nous avons immédiatement lancé des poursuites pour retrouver les ravisseurs», avait alors indiqué la source de sécurité malienne à l'Agence France-Presse.

À ce stade, aucun détail n'a encore filtré au sujet de l'identité des ravisseurs et des circonstances de l'enlèvement. Et si aujourd'hui Gao est considérée comme l'une des villes les plus sécurisées du nord du Mali, la région reste encore très instable.

D'une superficie équivalente à près de la moitié de la France, une bonne partie échappe en effet encore largement au contrôle des forces de sécurité maliennes et étrangères qui participent à l'intervention militaire internationale toujours en cours dans le pays pour en chasser les groupes jihadistes.

Où en sont les recherches pour la retrouver ?

Dimanche 25 décembre, le ministère français des Affaires étrangères a assuré que la France était «mobilisée» pour retrouver Sophie Pétronin. «En lien avec les autorités maliennes, les autorités françaises sont pleinement mobilisées pour rechercher et libérer, le plus vite possible, notre compatriote», avait ainsi indiqué le Quai d'Orsay. Les soldats français de la force Barkhane, qui disposent d'une base importante à Gao avec notamment des hélicoptères, «participent activement aux recherches au côté des Maliens», selon une source militaire française.

A lire aussi : Humanitaire française enlevée au Mali : Paris ouvre une enquête

Le ministère français des Affaires étrangères a également ouvert dès dimanche une enquête pour enlèvement et séquestration en bande organisée. Elle a été confiée aux services de renseignement, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), et au commandement de gendarmerie prévôtale, la police judiciaire militaire auprès des Forces armées françaises à l'étranger.

Dans la foulée, selon une source judiciaire citée par l'Agence France-Presse, le parquet de Paris a aussi ouvert une enquête en flagrance, pour enlèvement et séquestration en bande organisée. Celle-ci a également été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et au commandement de gendarmerie prévôtale, a précisé cette source.

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