Donald Trump menace Toyota de frais de douane

Toyota Le logo Toyota dans un showroom à Tokyo (Japon), le 6 janvier 2017[Kazuhiro NOGI / AFP]

Donald Trump n’est pas encore investi qu’il est déjà au front. Le futur président des Etats-Unis a le traité de libre-échange nord-américain dans le viseur et ne compte pas relâcher l’attention. Après Ford et General Motors, c’est désormais à Toyota qu’il s’attaque.

Donald Trump ne semble pas avoir apprécié le projet de Toyota d’ouvrir une nouvelle usine au Mexique. En apprenant la nouvelle, il s’est emparé de son téléphone pour tweeter un message virulent à l’encontre du constructeur japonais.

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Les raisons de la colère

Les raisons de la colère du prochain président des Etats-Unis concernent sa peur de voir baisser l’industrie américaine. Hors de question, pour Donald Trump, de laisser les constructeurs assembler leurs véhicules de l’autre côté de la frontière pour les importer ensuite gratuitement sur le territoire étatsunien.

Pourtant, c’est ce qui est prévu par l’accord Aléna, traité de libre-échange nord-américain signé en 1994. L’accord dédouane de toutes taxes d’importation les véhicules qui comportent au moins 65% de pièces nord-américaines.  Une règle qui va à l’encontre de la volonté de M.Trump de renforcer l’industrie, règle dont il faisait la promotion durant sa campagne en proposant une réforme fiscale qui abaisserait le taux d’impôt de telles sociétés de 35% à 15%.

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Coup dur pour Toyota

Le tweet dans lequel il assassine publiquement le projet d’investissement de Toyota est fortement nuancé par le constructeur. Déjà parce que l’usine en question ne se situe pas à Baja, comme l’écrit le président, mais dans la région mexicaine du Bajio. Le site Toyota de Baja existe déjà depuis 2002. Ensuite, parce que, selon Toyota, la production du modèle concerné serait transférée au Mexique depuis le Canada et non depuis les Etats-Unis. «Le volume de production ou d’emploi aux Etats-Uis ne diminuera pas du fait de notre nouvelle usine», a réagi la marque

Reste que c’est un coup dur pour la marque. Outre le fait que le PDG de Toyota venait d’assurer au Wall Street Journal ses bonnes relations avec Donald Trump, le constructeur japonais a fini à -3% lors de la fermeture de la bourse de Tokyo vendredi.

Pressions sur Ford et General Motors

Toyota n’a pas été seule victime du futur président. En avril 2016, Ford avait annoncé son intention d’investir 1,6 milliard d’euros dans une usine au Mexique. Le projet avait donné du pain à moudre à Donald Trump, qui n’a pas hésité à se servir de l’annonce pour enfoncer l’entreprise de Detroit. Début décembre, le PDG de Ford, Mark Fields, affirmait qu’il était trop tard pour faire marche arrière. Mais le 3 janvier, à la surprise générale, Ford annonce l’annulation de son investissement mexicain. A la place, 700 millions de dollars seront engagés dans le Michigan.  

General Motors également avait été pointé du doigt le 3 janvier dernier dans un tweet de Donald Trump.

Le constructeur avait répondu à M.Trump que la version de la berline concernée était destinée au marché mondial et n’était commercialisée qu’en petit nombre aux Etats-Unis. Si les cas de Toyota et General Motors soulignent l’impulsivité  du futur président étatsunien, ils dégagent une tendance nouvelle à laquelle les géants industriels ne sont pas encore habitués : le bashing des entreprises sur les réseaux sociaux par le gouvernement américain. 

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