Quelle Europe après le Brexit ?

Brexit Les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour réfléchir à l'Europe de demain[ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA]

Afficher l’union quelles que soient les circonstances. Un sommet de deux jours s’est ouvert hier à Bruxelles, quelques mois après le réfé­rendum portant sur le Brexit.

Après une première journée à vingt-huit pour discuter des problématiques actuelles de l’Europe, telles que la politique commerciale ou la crise migratoire, les pays membres se retrouvent aujourd’hui à vingt-sept, sans la Première ministre britannique Theresa May, pour débattre de l’avenir de l’Union européenne une fois le Royaume-Uni parti. En essayant d’affirmer une Europe toujours solide malgré les différentes crises.

Quels pouvoirs pour l’UE ?

Une réorganisation de l’Union européenne est inévitable pour anticiper le départ de l’une de ses plus grosses puissances, et c’est aux vingt-sept Etats membres de choisir leur avenir commun. La semaine dernière, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a proposé des pistes qui doivent servir de bases à la réflexion. «Il imagine l’avenir avec différents scénarios, allant de la plus faible à la plus forte intégration», explique la directrice de la fondation Robert-Schuman, ­Pascale Joannin. D’un côté, la piste d’une Europe dans laquelle tous les Etats membres sont soumis aux mêmes ­règles, permettant de pallier l’incapacité des Vingt-sept à se mettre d’accord. 
 
A l’opposé, une proposition visant à élargir les compétences des membres, leur ­permettrait de choisir leur niveau d’implication dans l’UE. Entre les deux, une «Europe à deux vitesses» est imaginée. Cette option permettrait aux pays motivés, quels qu’ils soient, de prendre des initiatives en groupe, laissant aux autres le choix de prendre ou non le train en marche. Cela éviterait que des projets soient bloqués par des pays récalcitrants. Les discussions sont ouvertes, mais aucune décision ne devrait aboutir rapidement, en raison notamment des prochaines échéances électorales en France et en Allemagne.

Divisions sur le choix à faire

L’avenir s’annonce donc en pointillés. L’Europe à deux vitesses est soutenue par Paris et Berlin, qui souhaitent se débarrasser des obstacles posés par certains voisins, notamment pour développer un programme de défense européenne. Mais les pays du groupe «Visegrad» (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) craignent que cette option ne les relègue au ­second plan. Une crainte illégitime selon Pascale Joannin : «L’Europe à deux ­vitesses n’exclut personne, s’ils veulent prendre part aux initiatives, ils le pourront».
 
Toujours est-il que les discussions promettent d’être animées. La Pologne a même d’ores et déjà prévu de ralentir un éventuel accord, pour contester la réélection du président du Conseil, Donald Tusk actée hier. 

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