Bulgarie : lourdes peines de prison pour vente de nouveau-nés

La ville de Kameno est considérée comme une plaque tournante pour le traffic de bébés[FRED DUFOUR / AFP]

Deux Bulgares ont été condamnés vendredi à dix ans de prison et une femme à cinq ans dans des affaires de trafic de nouveau-nés avec la Grèce, une pratique répandue en Bulgarie.

Prononcées par le tribunal de Bourgas, dans le sud-est de la Bulgarie, ces peines comptent parmi les plus lourdes à ce jour pour ce type de trafic très difficile à prouver, selon des magistrats.

Des sommes dépassant 15.000 euros

La pratique consiste à recruter et à acheminer en Grèce des femmes enceintes issues de milieux défavorisés, dont les bébés sont vendus à leur naissance dans le pays voisin pour des sommes dépassant 15.000 euros. Cette activité est favorisée par le cadre législatif en Grèce, où les adoptions de gré à gré entre mères biologiques et futurs parents sont autorisées.

L'un des accusés, âgé de 50 ans et originaire de la ville de Kameno (est), considérée comme une plaque tournante pour cette pratique, a été condamné à 10 ans de prison pour avoir recruté en 2010 à Sredets (centre) une femme enceinte et l'avoir transportée et logée en Grèce à cette fin.

Un homme de 47 ans et son épouse de 44 ans, également originaire de Kameno, ont été condamnés à 10 et 5 ans de prison respectivement pour un cas similaire survenu en 2009. Les deux hommes se trouvaient en situation de récidive.

Lors d'un reportage en 2016, une équipe de l'AFP avait recueilli des témoignages selon lesquels la vente de nouveau-nés, répandue dans des ghettos roms de la région de Bourgas, notamment à Kameno, gagnait également d'autres provinces sur fond de pauvreté endémique.

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