Les 100 premiers jours du président Trump

Le président américain a dû faire face à plusieurs échecs pendant cette période. [Mandel NGAN / AFP]

Le président américain Donald Trump a atteint samedi 29 avril le cap symbolique des 100 jours passés à la Maison Blanche. Trois mois durant lesquels il a tenté d'imposer ses idées et ses méthodes, avec plus ou moins de succès.

Le mur mexicain, une mesure symbolique compromise

À peine arrivé au pouvoir, Donald Trump prenait un décret qui lançait symboliquement le projet de la construction d'un mur à la frontière mexicaine, comme il l'avait promis durant sa campagne. Mais le gouvernement du pays voisin, dont le milliardaire avait assuré qu'il financerait la barrière, a catégoriquement refusé. L'ancien président mexicain Vicente Fox Quesada a même répondu à Donald Trump sur Twitter, à la manière de ce dernier.

Le chef d'État a donc décidé que le mur serait financé par les Etats-Unis, tout en continuant à dire qu'il serait à terme remboursé par le Mexique. Sauf que les élus démocrates du congrès s'y opposent, et que Donald Trump ne peut pas débloquer les 1,4 milliard de dollars qu'il compte y consacrer sans leur accord. 

Le décret migratoire annulé par la justice

Autre mesure symbolique prise dès son arrivée à la Maison Blanche, le décret migratoire bloquant l'accès au territoire américain des ressortissants de sept pays musulmans, rapidement jugé inconstitutionnel et suspendu. Même la seconde version du texte, allégée, a été bloquée par la justice. Cette bataille judiciaire s'est accompagné de nombreuses manifestations dans tout le pays, en soutien aux immigrés et aux sans-papiers. 

L'impossible détricotage de l'Obamacare

Avant même de se lancer en politique, Donald Trump critiquait déjà le système d'assurance-maladie mis en place par Barack Obama. Mais une fois arrivé au pouvoir, il a compris qu'il serait politiquement délicat de priver d'assurance maladie des dizaines de milliers d'Américains. D'autant que les blancs non diplômés des régions pauvres, son cœur de cible électoral, sont parmi les principaux bénéficiaires de la réforme. 

Donald Trump a donc proposé une loi d'assurance maladie qui ne réformait pas radicalement celle mise en place par son prédécesseur. Un texte trop timide pour la majorité républicaine au Congrès, qui ne l'a pas voté. 

Le grand revirement syrien

Élu sur un programme isolationniste, Donald Trump a surpris tout le monde en se montrant finalement interventionniste sur le plan international. Il a notamment provoqué un choc planétaire en bombardant une base militaire du régime syrien, le 7 avril, en représailles à l'attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime de Damas.

L'initiative était d'autant plus symbolique que Barack Obama avait lui-même fixé l'utilisation d'armes toxiques comme une ligne rouge au-delà de laquelle les Etats-Unis interviendraient militairement, avant de se rétracter en 2013, ce qui lui a souvent été reproché depuis.

Le retour dans le rang diplomatique

Alors qu'il semblait sur le point de remettre en cause toute la doctrine diplomatique américaine, entre des propos extrêmement durs à l'égard de la Chine, des vélléités de rapprochement avec la Russie et une remise en question de l'OTAN, Donald Trump semble finalement revenu aux fondamentaux.

Il a reçu le président chinois Xi Jinping, contribuant à atténuer les tensions entre les deux puissances, pris ses distances avec la Russie et rappelé l'importance du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Des initiatives inspirées en partie par les personnes qu'il a nommées à la tête de son administration, des républicains assez traditionnels. 

Un juge conservateur à la Cour suprême

C'est peut-être la seule des premières décisions de Donald Trump qui aura une influence durable sur le pays. Le président a nommé à la Cour suprême, qui tranche en dernier recours sur la validité des lois et des décrets, un jeune juge conservateur, Neil Gorsuch. 

Avec cette nomination, la Cour, qui avait jusque là une majorité progressiste, se retrouve à l'équilibre. Quatre magistrats sont conservateurs, quatre autres progressistes, et le neuvième présente une opinion variable selon les dossiers. Mais si un nouveau juge venait à mourir durant la présidence de Donald Trump, il pourrait nommer un autre conservateur, changeant durablement la couleur de l'institution. 

La protection de l'environnement affaiblie

Ouvertement climato-sceptique, Donald Trump a considérablement allégé les contraintes environnementales pesant sur les entreprises, tout en relançant des projets d'oléoducs controversés. Si ces initiatives n'ont pas été contestées sur le plan national, leur impact reste toutefois limité, de nombreux États ayant adopté des règles beaucoup plus exigeantes que la législation fédérale.

Le pouvoir en famille

Fidèle à l'habitude qu'il avait pris dans les affaires de travailler avec ses enfants, Donald Trump a nommé sa fille, Ivanka, et son gendre, Jared Kushner, conseillers à la Maison Blanche. Des postes officiels, pour lesquels ils ont le statut d'employés fédéraux non rémunérés, ce que leur permet leur important patrimoine personnel. 

Au-delà de son rôle stratégique, le jeune couple se voit assigner d'importantes missions de représentation. Jared Kushner a ainsi été récemment envoyé rencontrer les officiels américains en Irak, tandis qu'Ivanka Trump était en début de semaine à Berlin, où elle a participé à un forum avec la chancelière Angela Merkel. 

Une communication en 140 signes

Très actif sur Twitter pendant la campagne, Donald Trump est loin d'avoir renoncé à cette habitude une fois arrivé au pouvoir. Ses tweets matinaux, souvent colériques, sont scrutés par la presse, qui y trouve un ultime point de contact avec la Maison Blanche, de nombreux journalistes des médias de gauche ayant perdu leur accréditation.

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