Tchétchénie : une ONG a évacué une quarantaine de personnes homosexuelles

Des manifestants à Saint Pétersbourg, le 1er mai 2017. [Capture d'écran Twitter / Dave Frenkel]

La mobilisation autour de la situation critique en Tchétchénie s'organise. Après les révélations de Novaïa Gazeta concernant la répression des homosexuels, des associations tentent de venir en aide aux personnes menacées.

Le journal russe avait dévoilé l'existence de plusieurs camps en Tchétchénie où sont enfermés, battus et torturés les hommes homosexuels. Depuis, les révélations s'enchaînent : on parle d'un véritable «nettoyage préventif» lancé par le gouvernement, bien que les dirigeants continue de nier cette répression. 

 

L'ONG «LGBT Network» a ainsi mis au point une ligne d'urgence pour que ces les personnes menacées puissent les contacter et bénéficier de leur aide. Interviewée par la radio américaine NPR, la responsable de la communication de l'ONG, qui souhaitait rester anonyme, a affirmé avoir évacué une quarantaine de personnes. Elle a également partagé certains des témoignages reçus sur la ligne d'urgence. «Ils nous disent qu'ils sont battus», a-t-elle confié. «Parfois, des gens sont battus à mort. Ils nous disent également qu'ils sont torturés avec des décharges électriques, qu'ils ne sont pas nourris correctement et qu'ils n'ont pas d'eau». Elle a également confirmé que plusieurs décès avaient été rapportés par les victimes.

«Traqués par leur propre famille»

La responsable de «LGBT Network» a décrit comment son ONG en est venue à évacuer des personnes en danger. «Ils nous écrivent des mails», a-t-elle expliqué. «Au tout début, les premières personnes à nous contacter étaient terriblement effrayées». Selon elle, ces premiers individus à contacter «LGBT Network» étaient méfiants, et voulaient s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un piège. «Nous avons ensuite débuté le processus d'évacuation, et désormais nous avons évacué environ quarante personnes».

Dans un premier temps, les potentielles victimes ont été relogées hors de Tchétchénie, «dans d'autres régions de la Russie», mais la femme a assuré que son organisation travaillait pour permettre à ces individus de quitter la Russie dans son ensemble, «parce que pour la plupart d'entre eux, c'est tout simplement mortellement dangereux d'y rester, puisque beaucoup sont traqués par leur propre famille».

La responsable explique : «L'homosexualité est considérée comme une tache sur l'honneur de l'ensemble de la famille. Et les gens pensent que le seul moyen de "laver" cette tache et de tuer la personne». Une idée véhiculée par la police tchétchène, qui demanderait aux parents de tuer leurs enfants gays.

L'implication du gouvernement russe

La femme a également donné des indications au journaliste sur la place du gouvernement russe dans cette affaire, expliquant qu'il ne donnait «évidemment aucune forme de soutien aux organisations LGBT» et qu'il «ignorait» les rapports envoyés par «LGBT Network»

La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères avait expliqué, lors d'une interview, que le gouvernement russe avait engagé une investigation. Selon la responsable de la communication de l'ONG, c'est avant tout grâce à la pression «des communautés internationales», et pour éviter de passer pour «des monstres».

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