450.000 habitants évacués face au cyclone Mora

Evacuation face au cyclone Mora à Cox's Bazar, au Bangladesh, le 30 mai 2017 [- / AFP] Evacuation face au cyclone Mora à Cox's Bazar, au Bangladesh, le 30 mai 2017 [- / AFP]

Le cyclone Mora a fait au moins deux morts mardi au Bangladesh, endommageant des milliers d'habitations et forçant l'évacuation de 450.000 personnes de villages côtiers.

Le cyclone a touché terre dans le sud-est du pays entre les villes de Chittagong et Cox's Bazar à l'aube, a annoncé le département météorologique dans un bulletin. À cause de vents allant jusqu'à 135km/h, la chute d'arbres a tué un homme et une femme dans le district de Cox's Bazar, a rapporté la police. Le gouvernement a mis à l'abri 450.000 habitants de la région après avoir émis une alerte météorologique de niveau maximum. Il comptait déplacer un million de personnes mais a revu son plan à la baisse, la tempête étant moins forte que prévu.

Des villageois ayant fui le cyclone Mora dans un abri à Cow's Bazar, au Bangladesh, le 29 mai 2017 [STR / AFP/Archives]

Des villageois ayant fui le cyclone Mora dans un abri à Cow's Bazar, au Bangladesh, le 29 mai 2017. [STR / AFP/Archives]

«Ils ont été évacués dans au moins 400 abris anticyclones, écoles et administrations des régions côtières», a déclaré Golam Mostofa, le haut responsable coordonnant l'évacuation. Un responsable de la communauté rohingya a témoigné de dégâts dans les camps de réfugiés du district de Cox's Bazar, où vivent 300.000 membres de cette minorité persécutée en Birmanie voisine qui ont fui au Bangladesh.

«Environ 20.000 habitations dans les camps de réfugiés rohingyas ont été endommagées par la tempête», a déclaré à l'AFP Abdus Salam. «Dans quelques endroits, presque toutes les cahutes faites de tôle, bambou et plastique ont été aplaties. Des personnes ont été blessées mais aucune n'est morte», a-t-il ajouté.

Ali Zahar, un réfugié rohingya, a témoigné de la puissance des vents qui se sont abattus sur les camps. «Les toits de ma maison, de celle de ma mère et de ma sœur ont tous été soufflés», a-t-il raconté. «Je ne sais pas comment je vais passer ce ramadan.»

Des villageois évacués face au cyclone Mora à Cox's Bazar, au Bangladesh, le 30 mai 2017 [- / AFP]
Des villageois évacués face au cyclone Mora à Cox's Bazar, au Bangladesh, le 30 mai 2017. [- / AFP]

L'Asie du Sud est fréquemment frappée par des phénomènes météorologiques violents à cette période de l'année avec l'arrivée de la mousson. Le cyclone Mora intervient quelques jours après des pluies torrentielles au Sri Lanka, à l'autre bout du golfe du Bengale, qui ont causé la mort d'au moins 183 personnes. Événement très attendu et vital pour l'économie de ce pays très rural, la mousson a atteint mardi la pointe sud de l'Inde. Elle remontera progressivement vers le nord, faisant pleuvoir sur le sous-continent un déluge d'eau pendant plusieurs mois.

Phénomène récurrent

Au Bangladesh, des milliers d'habitations de la région, souvent construites en terre et bambou, ont été abîmées par Mora, a rapporté Anwarul Naser, un haut fonctionnaire de la région. L'ampleur des dégâts ne pourra être déterminée par les autorités qu'une fois tous les liens de communications rétablis, le cyclone ayant provoqué des perturbations.

Le département météorologique a mis en garde contre une marée de tempête qui pourrait élever le niveau de la mer jusqu'à 1,7 mètre dans plusieurs districts côtiers du Bangladesh, où habitent des millions de personnes. Les autorités avaient au préalable rappelé tous les bateaux de pêche qui étaient en mer. Les vols ont été suspendus dans les aéroports de Chittagong et Cox's Bazar.

En raison de son emplacement géographique en bordure du golfe du Bengale, le Bangladesh est régulièrement frappé entre avril et décembre par des cyclones parfois meurtriers. L'année dernière, le cyclone Roanu avait coûté la vie à 20 personnes et forcé l'évacuation d'un million d'habitants. En 2007, le cyclone Sidr avait tué près de 4.000 personnes et causé pour plusieurs milliards de dollars de dégâts. Des montées des eaux et pluies torrentielles avaient causé des glissements de terrain particulièrement meurtriers. «Mais cette fois, nous sommes plus préparés», a assuré Abul Hashim, porte-parole de l'autorité de gestion de catastrophes.

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