L’Arctique relâche du gaz hilarant à cause du réchauffement climatique

La fonte des sols gelés en Arctique libère un puissant gaz à effet de serre.[Mario HOPPMANN / European Geosciences Union / AFP]

L’information pourrait prêter à sourire, elle n’en est pas moins sérieuse : selon une étude, du gaz hilarant, plus néfaste que le CO2 pour le climat, s’échappe de l’Arctique à cause de la fonte des glaces.

Publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences, l’étude menée par onze scientifiques a démontré que de grandes quantités de protoxyde d’azote (aussi appelé gaz hilarant ou N2O) pourraient s'échapper du permafrost, un sol gelé en permanence et qui recouvre un quart de l'Arctique.

Mais la diffusion de ce gaz, emprisonné dans la glace depuis des milliers d’années, n’est pas drôle pour l’environnement : selon les chercheurs, «le protoxyde d’azote est un puissant gaz à effet de serre, trois cents fois plus dangereux que le CO2 pour le réchauffement climatique».

A l’heure actuelle, le gaz hilarant n’est que le troisième gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique, derrière le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4). Si le permafrost continuait de fondre, les conséquences sur la température moyenne pourraient être importantes. L’étude suggère en effet que cette fonte pourrait produire autant de gaz que la destruction des forêts tropicales, qui dégage 20% de gaz à effet de serre, principalement du CO2.

Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont collecté seize échantillons du permafrost finnois, et les ont réchauffés en laboratoire. Leurs analyses ont démontré que les parties recouvertes de végétation libéraient moins de gaz que les échantillons qui en étaient dépourvues. Les plantes sont en effet «très efficaces lors qu’il s’agit de réduire les émissions de N2O», a expliqué l’une des chercheuses, Carolina Voigt, à ABC News.

Si les résultats des tests, effectués en laboratoire, demeurent hypothétiques, Jeremy Mathias, directeur de l’Arctic Research Program at the National Oceanic and Atmospheric Administration qui n’a pas pris part à ces recherches, a affirmé à E&E News que la fonte du permafrost aura fatalement un impact sur la hausse des températures.

Les dangers du réchauffement climatique sur le permafrost ne sont plus à prouver : l’année dernière en Russie, des germes et maladies disparues depuis des siècles avaient refait surface à cause de la fonte des sols glacés .

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