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Un appel d'offres lancé pour repêcher le trésor d'un galion légendaire

Ce vaisseau, l'un des plus grands de l'armada espagnole, avait été coulé par la flotte britannique pendant la nuit du 7 juin 1708 près des îles du Rosario, au large de Carthagène des Indes[HO / Colombian Ministry of Culture/AFP/Archives]

Trois siècles après sa disparition au fond des eaux caribéennes, la Colombie a lancé vendredi un appel d'offres pour sonder l'épave du légendaire galion espagnol San José, qui a longtemps été le rêve des chercheurs de trésors.

Ce vaisseau, l'un des plus grands de l'armada espagnole, avait été coulé par la flotte britannique pendant la nuit du 7 juin 1708 près des îles du Rosario, au large de Carthagène des Indes, au nord-ouest de la Colombie.

En pleine guerre de succession en Espagne (1701-1712), le San José acheminait l'or, l'argent et les pierres précieuses depuis les colonies espagnoles en Amérique vers la cour du roi Philippe V.

Seuls quelques membres d'équipage, sur les 600 que comptait le navire, avaient réussi à se sauver au moment du naufrage.

Les chercheurs de trésors de tous bords pistaient le San José depuis des décennies. Bien que de nombreux autres restes de navires avaient été découverts, la mythique épave continuait à se dérober, son emplacement restant un mystère.

10 milliards de dollars

Fin 2015, le président colombien Juan Manuel Santos avait annoncé la découverte de la localisation exacte de l'épave, dont le chargement était estimé à 10 milliards de dollars dans des documents de 1980 produits par le ministère de la Culture colombien. Les autorités actuelles n'ont pas dévoilé leur propre évaluation du trésor.

Une équipe de chercheurs colombiens et internationaux, dont des membres de l'équipe qui avait trouvé l'épave du Titanic en 1985, ont étudié les vents et les courants dans les Caraïbes en 1708. Ils se sont également plongés dans les archives coloniales espagnoles et colombiennes, en quête d'indices.

Le bâtiment a été identifié grâce à ses canons en bronze uniques, avec des dauphins gravés dessus.

L'histoire d'un continent

Vendredi, au cours d'une audience publique à Carthagène des Indes, les détails et les conditions de cet appel d'offres seront dévoilés, notamment au niveau scientifique. Objectif: la mise en place d'un partenariat public-privé pour financer les recherches.

Le 5 juillet, le gouvernement a annoncé qu'un investisseur s'était déjà manifesté afin de prendre en charge le coût intégral de l'expédition. Il « répond aux plus hauts standards scientifiques, technologiques et financiers », a assuré le chef de l'Etat colombien, sans en préciser l'identité.

L'appel d'offres devra permettre à d'éventuels nouveaux investisseurs de se manifester. Au terme d'un processus de sélection, le nom et le montant de la rétribution de l'investisseur seront dévoilés.

La concession devra comprendre la « construction d'un laboratoire de conservation des matériaux et un musée » pour abriter les pièces qui auront été récupérées, a expliqué à l'AFP une source du ministère de la Culture colombien, chargé du processus.

La quête de l'épave du San José n'a pas été de tout repos. Elle a fait l'objet de contentieux avec l'Espagne: le navire battant alors pavillon espagnol, Madrid invoquait la convention des Nations unies sur le droit de la mer pour justifier ses prétentions sur le bateau, texte que la Colombie n'a pas ratifié.

Bien plus qu'un trésor

Par ailleurs, une compagnie américaine, la Sea Search Armada, avait affirmé en 1982 avoir trouvé le San José. Cette découverte n'avait pas été confirmée et une procédure judiciaire quant au droit de propriété avait opposé l'entreprise au gouvernement colombien. La justice avait tranché en faveur de Bogota.

Les experts soulignent que cette découverte va bien au-delà du trésor.

«Le galion San José (...) enferme dans ses cales l'histoire de tout un continent. Le témoignage de la souffrance des peuples des Amériques à cette époque représente bien plus que son poids en or; il mérite notre respect ainsi que notre protection et son emplacement ne peut être un autre qu'un musée », a déclaré la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova, après la découverte de 2015.

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