«L’excision n’est pas barbare» : Justin Trudeau fait polémique malgré lui

Le billet d'un humoriste satirique est à l'origine de cette polémique. [ANGELA WEISS / AFP]

Depuis le 29 juillet dernier, Justin Trudeau est au coeur d’un scandale après avoir déclaré que l’excision du clitoris «n’était pas barbare». Mais il se trouve qu’il n’a jamais prononcé cette phrase.

Tout a commencé par un simple tweet : ce jour-là, le site d’information «L’important», qui «sélectionne des tweets du monde entier» pour relayer les informations cruciales, déclare que «Pour Trudeau : l’excision n’est pas "une pratique culturelle barbare"». 

Et en un rien de temps, cette déclaration du Premier ministre suscite l’indignation des internautes, dont certaines personnalités politiques.

Le billet d'un humoriste à l'origine de cette polémique

Sauf que Justin Trudeau n’a pas prononcé ces mots sujets à controverse. En vérité, il s’agit d’une citation de Richard Martineau, un chroniqueur satirique du Journal de Montréal. Ce dernier avait publié, le 27 juillet dernier, un billet dans lequel il pastichait la parole du Premier ministre, sa «tête de Turc préférée».

«Au pays des licornes, il faut respecter la culture des autres, ce n’est pas poli de dire à certaines communautés que lapider des femmes adultères, couper le clitoris des fillettes et tuer des adolescentes parce qu’elles ont osé embrasser un jeune garçon, porter une jupe ou enlever leur voile est "barbare"», peut-on lire sur le site du Journal de Montréal.

L’humoriste tournait ici en dérision une autre polémique, réelle cette fois, que Justin Trudeau avait provoqué en 2011 : alors qu’il était encore député, il avait dénoncé l’emploi du mot «barbare», affirmant que «nous n’atteignons rien de plus en utilisant le mot "barbare" que si nous utilisions le terme "absolument inacceptable"», comme le rappelle Marianne.

Lors de cette même année, l’ancien député avait ajouté sur les ondes d’une radio canadienne que «l’utilisation d’un mot aussi péjoratif que "barbare" a beaucoup de chances de hérisser quelqu’un».

Et c’est ainsi que ce trait d’humour du chroniqueur, relayé par un utilisateur de Twitter en joignant le lien du Journal de Québec, a été partagé sur le compte de L’Important.

Parmi les 85.000 followers que compte ce site, des centaines de personnes ont partagé cette fausse information, qui a connu un véritable effet boule de neige sur la Toile.

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