Où peut renaître Daesh ?

De violents combats opposent les jihadistes et l'armée philippine à Marawi, dans le nord de l'archipel. De violents combats opposent les jihadistes et l'armée philippine à Marawi, dans le nord de l'archipel.[FERDINANDH CABRERA / AFP]

Daesh vient d'être chassé de l'un de ses derniers bastions irakiens, Tal Afar. Mais le groupe jihadiste n'est pas anéanti pour autant. 

Si Daesh a perdu plus de 70% de son territoire en Syrie et en Irak, passant de 60.000 km2 sous son contrôle en octobre 2014 à environ 16.000 km2 en juillet 2017, les jihadistes gardent néanmoins d'importantes capacités dans les provinces syriennes de Homs et Deir Ezzor. Mais surtout, Daesh dispose toujours de branches locales dans d'autres régions du globe, qui pourraient se développer. 

En Égypte

La branche égyptienne de Daesh, «Province du Sinaï», multiplie les attentats, en particulier contre des militaires. Vendredi 7 juillet, une attaque contre un barrage de l'armée a encore fait vingt-six victimess aux abords de la frontière avec la bande de Gaza. 

Depuis que le groupe de jihadistes égyptiens Ansar Baït al-Maqdis a prêté allégeance à Daesh, en novembre 2014, pour devenir une «province» du califat autoproclamé, des centaines de soldats et policiers ont été tués dans la péninsule du Sinaï. Les terroristes ont également revendiqué un attentat à la bombe qui a coûté la vie aux 224 passagers d'un avion russe qui décollait de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la Mer Rouge. 

Aux Philippines

Depuis le 23 mai, des jihadistes tiennent des quartiers entiers de la ville de Marawi, dans le nord des Philippines, où ils ont hissé le drapeau noir de Daesh. Le président Rodrigo Duterte avait immédiatement déclaré la loi martial et promis de mettre fin au soulèvement, mais la résistance est acharnée. 

Quelque 400.000 personnes ont été contraintes de fuir Marawi pour échapper aux combats, qui ont détruit des quartiers entiers. Les soldats cherchent à capturer le chef jihadiste Isnilon Hapilon, qui serait terré dans une mosquée de la ville.

Au Nigéria

Après s'être emparé de larges pans de territoires et proclamé un califat dans le nord-est du Nigéria en 2014, le groupe Boko Haram, qui a prêté allégeance à Daesh, a connu un important recul dans le pays. Mais il continue de multiplier les attentats et garde un important pouvoir de nuisance. 

Mardi 11 juillet, une vidéo d'une extrême violence a notamment révélé que le groupe jihadiste avait procédé à l'exécution publique de huit villageois accusés d'avoir désobéi à la charia. Le film semble avoir été diffusé pour contredire les revendications de l'armée nigériane, qui assure que Boko Haram est sur le point d'être vaincu. 

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