Le viol et l'esclavage ont permis à Daesh de recruter, selon une étude

Des femmes tiennent des banderoles où est inscrit en arabe «Aidez les femmes qui sont abusées sexuellement par Daesh»[HAIDAR MOHAMMED ALI / AFP]

Une étude relayée par le Guardian met en lumière la manière dont Daesh utilise le viol et l'exploitation sexuelle pour recruter des combattants.

L'approbation et la promotion des violences sexuelles par Daesh a été le moyen clé pour «attirer, engager, mobiliser et récompenser les combattants», explique le think tank Henry Jackson, qui se bat contre l'extrémisme et pour les droits humains. 

Un terrorisme sexuellement motivé

«Les individus ayant des antécédents de violences sexuelles sont attirés par les pratiques d'esclavage et de violences sexuelles véhiculées par Daesh», selon Nikita Malik, auteur de l'étude.

Ondogo Ahmed, d'origine britannique, a ainsi été condamné à huit ans de prison pour avoir violé une fille de seize ans au Royaume-Uni. Libéré en 2013, il a fui vers la Syrie. Une ancienne esclave de Daesh, Nihad Barakat, a révélé comment Dhar, un ancien vendeur de châteaux gonflables dans l'est de Londres devenu jihadiste, était l'un des acteurs-clés du trafic de jeunes filles yazidies.

«La femme est une esclave»

Daesh fait également la promotion du viol à travers son magazine Dabiq et son média Al-Hayat media center. Les combattants assument les violences perpétrées contre les femmes de la minorité kurde, considérées comme une secte hérétique. «Chacun doit se rappeler que réduire en esclavage les infidèles et prendre leurs femmes comme concubines est un aspect fermement établi de la charia, et qu'en le niant ou en le moquant, on nierait ou on moquerait les versets du Coran», peut-on ainsi lire dans le magazine.

En 2015, Nadia Murad, femme yézidie retenue par Daesh comme exclave sexuelle pendant trois mois, a décrit à l'ONU ses horribles conditions de détention. «De jour comme de nuit, ils venaient nous violer. Ces hommes, tout ce qu'ils faisaient c'était tuer d'autres hommes et violer les femmes et les filles», avait-elle déclaré.

Outre la soumission et la propagation de la terreur, l'esclavage des femmes est un gain financier pour l'organisation terroriste. Les demandes de rançons payées par les gouvernements et particuliers ont permis, selon le rapport, de récolter entre 7.7 millions et 23 millions de dollars en 2016.

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