L'OMS demande de ne plus donner d'antibiotiques aux animaux d'élevage

Un élevage de poulets en Chine, où les agriculteurs administrent massivement des antibiotiques aux animaux. Un élevage de poulets en Chine, où les agriculteurs administrent massivement des antibiotiques aux animaux.[STR / AFP]

Très inquiète, l'Organisation mondiale de la santé recommande aux éleveurs de ne plus du tout administrer d'antibiotiques aux animaux. 

Cette pratique contribue en effet à augmenter la résistance des microbes, et notamment des bactéries, ce qui constitue un sérieux risque pour l'homme. En effet, à force d'être confrontés aux antibiotiques, les organismes pathogènes responsables des infections mutent, pour devenir résistants aux médicaments.

Or, aux États-Unis et en Asie, des antibiotiques sont aussi administrés massivement aux animaux d'élevages, pour augmenter la rentabilité des troupeaux en évitant les maladies. Cette pratique, interdite en Europe, reste en constante augmentation à l'échelle mondiale, du fait de la demande croissante de viande à bas prix.

Dans certains pays, 80% de l'utilisation des antibiotiques concerne les animaux d'élevage. C'est l'une des principales causes du développement de «superbactéries», résistantes à tous les médicaments. Et celles-ci peuvent infecter autant les animaux que les humains. 

Selon l'OMS, si le phénomène perdure, certaines opérations chirurgicales aujourd'hui begnines pourraient devenir dangereuses dans dix ans, car elles exposeraient au risque de contracter une de ces «superbactéries» contre lesquelles les antibiotiques actuels sont inefficaces. Et ce, malgré les efforts fait par les médecins pour administrer moins d'antibiotiques aux humains.

Une telle situation présenterait un risque sanitaire comparable à celui de la propagation d'un nouveau virus grave à travers la planète. 

Mais si la réduction, voire l'interdiction de l'usage des antibiotiques dans les élevages semble s'imposer, elle présente un coût indéniable pour les agriculteurs, qui comptent là-dessus pour augmenter leur production. Les scientifiques exhortent donc les pouvoirs publics à les accompagner dans une transition. 

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