La Russie signale une radioactivité 986 fois supérieure à la norme après un accident

La plus forte concentration de radioactivité a été détectée à Argayash, un village de la région de Tcheliabinsk dans le sud de l'Oural. [Photo d'illustration. NATALIA KOLESNIKOVA / AFP]

Cette contamination radioactive avait déjà été repérée par la France et vient d'être confirmée mardi 21 novembre par les services de météorologie russes. Des taux très élevés de ruthénium-106 ont été enregistrés après un mystérieux accident.

D'après l'agence russe de météorologie Rosguidromet, la concentration la plus forte qu'ils ont pu enregistrée de cet isotope radioactif dépasse de très exactement 986 fois la norme autorisée.

Celle-ci a été détectée à Argayash, un village de la région de Tcheliabinsk dans le sud de l'Oural.

Cette localité est située à 30 kilomètres du complexe nucléaire Maïak, touché par un des pires accidents nucléaires de l'histoire en 1957 et servant aujourd'hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé.

Avant cela, dès la fin du mois de septembre, des taux anormalement élevés de ruthénium-106 avaient déjà été signalés dans plusieurs régions de Russie et au-delà par plusieurs agences européennes de surveillance de la radioactivité.

En France, l'IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) avait d'ailleurs établi une carte assez détaillée du «nuage radioactif» planant au-dessus de l'Europe.

Greenpeace demande une enquête

Dans un communiqué, Greenpeace Russie a appelé Rosatom, la société d'État russe qui gère l'activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire en Russie, à «mener une enquête approfondie et à publier des données sur les évènements arrivés à Maïak».

Une demande qui pourrait toutefois rester lettre morte. Mi-octobre, Rosatom avait ainsi assuré que «dans les échantillons relevés du 25 septembre au 7 octobre, y compris dans le sud de l'Oural, aucune trace de ruthénium-106 [n'avait] été découverte à part à Saint-Pétersbourg», rejetant les conclusions des agences européennes.

Si on ne sait pas, à ce stade, quelles sont les causes de cet accident nucléaire, l'IRSN estime que la source de la pollution ne pouvait provenir d'un réacteur nucléaire, car d'autres éléments radioactifs auraient été détectés.

Le ruthénium-106 est un produit de fission issu de l'industrie nucléaire, parfois utilisé pour des traitements médicaux.

Il émet un rayonnement radioactif lorsqu'il se décompose et peut donc être dangereux pour la santé humaine.

Concernant cette affaire, l'IRSN s'était toutefois montré plutôt rassurant : «Les niveaux de concentration dans l’air en ruthénium-106 qui ont été relevés en Europe et a fortiori en France sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l’environnement.»

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