Irlande : 5 ans de prison pour les diffuseurs de «fake news»

Les personnes générant utilisant des bots, ou participant à leur utilisation à des fins politiques, risqueront jusqu'à 10 000 euros d'amende et six ans de prison. [AFP - Images d'illustration]

L'Irlande ferait figure de pionnier si son parlement votait une nouvelle proposition de loi visant à encadrer l'information sur internet en condamnant la diffusion de fake news notamment.

L'usage de «bots», ces robots capables de générer des clics et des likes, pour diffuser des idées politiques serait ainsi puni par une amende voire une peine de prison, selon The independent irlandais. Le texte considère également comme un délit le fait de promouvoir des fake news sur des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter. 

Dans le détail, les plate-formes concernées par la proposition de loi regroupent tous les réseaux sociaux, les sites internet ou les moteurs de recherche cumulant plus 10 000 visiteurs uniques par mois. Quant aux «bots», ils correspondent, d'après cette nouvelle réglementation, à tout logiciel utilisant au moins 25 comptes ou profils pour effectuer des tâches automatiques.

Six ans de prison et 10 000 euros d'amende

N'importe quelle personne ayant recours à un «bot» ou participant à l'usage d'un tel logiciel «afin de disséminer un message politique» sera ainsi coupable d'un délit. Ce type d'abus devrait être puni par une amende de 500 euros pouvant être multipliée par deux dans les cas les plus graves ainsi qu'à six mois à six ans de prison. 

La publicité est également ciblée par la proposition de loi, l'achat de contenus promotionnels contenant- de façon délibérée- de fausses informations étant également condamnable. 

En légiférant sur cette problématique, James Lawless, un élu du parti républicain irlandais (Fianna Fáil) à l'origine du texte, souhaite prendre en compte les nouveaux médias et la façon dont ils peuvent influencer le débat politique.  

Les élections américaines comme exemple

Cette démarche s'appuie d'ailleurs sur des exemples récents telles que les dernières élections américaines dont la campagne s'est caractérisée par une influence inédite des réseaux sociaux et des fake news

«Des preuves laissent penser qu'une armée de faux comptes sur les réseaux sociaux est en train d'être constituée afin de perturber le processus démocratique à l'avenir, avec des journalistes ou des personnalités publiques très présentes éclairant sur le fait qu'un nombre incalculable de faux comptes les suivent sur les réseaux sociaux», déclare l'homme politique. «Il est fortement probable que ces faux comptes rentrent en action pendant une future élection ou une campagne de référendum, comme cela s'est produit en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis», prévient James Lawless. 

«Nous ne devrions pas être naif en pensant que l'Irlande ne sera pas affectée par cette nouvelle forme de guerre de l'information hybride qui est en cours sur les réseaux sociaux», conclut-il.

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