Détention prolongée pour trois Palestiniennes arrêtées après avoir bousculé des soldats israéliens

L'adolescente palestinienne Ahed Tamimi face à des soldats israéliens, le 12 mai 2017 à Babi Saleh, au nord de Ramallah.[ABBAS MOMANI / AFP]

Un tribunal militaire israélien a prolongé lundi 25 décembre la garde à vue de trois Palestiniennes apparaissant dans une vidéo virale sur un incident survenu en Cisjordanie occupée, a indiqué la police.

Le tribunal militaire d'Ofer, en Cisjordanie, a prolongé jusqu'à jeudi la détention d'Ahed Tamimi, âgée de 17 ans et présentée menottée au tribunal, de sa mère Nariman Tamimi, 43 ans, et de sa cousine Nour Naji Tamimi, 21 ans, selon la police. 

Tournées le 15 décembre à Nabi Saleh, visiblement avec un téléphone portable, les images montraient les deux jeunes femmes s'approcher avec agressivité de deux soldats israéliens appuyés sur un muret, en commençant par les bousculer, puis leur donnant des coups de pied et de poing et des gifles. Face à cette provocation, les soldats sont restés impassibles puis se sont éloignés à reculons, rapporte l’AFP. Sur les images, Ahed Tamimi apparaît comme la plus agressive. 

Selon la police israélienne, la mère de la jeune femme, Nariman Tamimi, présente lors des faits, a été également arrêtée et placée en garde à vue jusqu'à jeudi. Les faits se seraient déroulés devant la maison de la famille Tamimi, et se seraient produits en marge d'une manifestation contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Une famille connue pour ses protestations

Dans une autre vidéo, les deux cousines disent aux soldats, qui semblent se tenir sur les marches de la maison familiale, de partir. Selon le père, Bassem Tamimi, les Israéliens ont saisi des portables, des ordinateurs et d'autres équipements électroniques. La famille a indiqué que vendredi, un membre de la famille Tamimi a été touché à la tête par une balle en caoutchouc tirée par des soldats israéliens lors de protestations contre la décision de Donald Trump sur Jérusalem. 

La famille Tamimi a toujours été à la pointe de la contestation. Le père dit avoir été arrêté à maintes reprises et Ahed Tamimi s'est déjà distinguée, à 17 ans à peine, en brandissant le poing sous le nez de soldats israéliens sur des photos qui lui ont valu d'être reçue en 2012 par Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc, rappelle l’AFP. Pour beaucoup d'Israéliens, les Tamimi sont des «agitateurs» prêts à tout pour se faire remarquer.

Cette nouvelle affaire a fait grand bruit. Le ministre de l'Education, Naftali Bennett, a affirmé qu'Ahed Tamimi était passible de sept ans de prison. 

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