Le nombre de Britanniques demandant la nationalité française multiplié par 10

[RAMZI HAIDAR / AFP]

C'est un record : plus de 1.500 Britanniques sont devenus français en 2017 contre 439 en 2016 et 320 en 2015, selon des chiffres révélés par le JDD.

En 2017, ils étaient au total 3.173 à avoir fait la demande pour obtenir la nationalité française. En 2016, ils étaient 1.363 et 386 en 2015. 

«Petite victoire perso aussi sur tous les Brexitteurs qui ont tant fait pour enlever à certains d‘entre nous nos droits UE et notre identité européenne», a twitté le journaliste Alex Taylor, qui a commencé les formalités dès 2016.

La britannique Fiona Mougenot, qui a monté une société de consultants en immigration en 2003 à Paris n’avait jamais vu un tel engouement pour obtenir la nationalité française. «Le jour du Brexit, notre standard a sauté ! Les gens appelaient, paniqués, en nous demandant ce qui allait se passer», a-t-elle déclaré au Figaro.

Des raisons pratiques et un attachement à l'Europe

En 2017, son cabinet a déposé une vingtaine de dossiers de naturalisation pour des britanniques «La majorité a plus de 55 ans (…) Leur génération est marquée par la Seconde Guerre mondiale, leurs parents l’ont vécue. Le Brexit fait remonter les récits avec lesquels ils ont grandi. Ils ont peur», a-t-elle expliqué au JDD.

Selon Jean-Paul Mulot, représentant permanent de la région Hauts-de-France au Royaume-Uni, les personnes qui ont demandé la nationalité française proviennent en majorité de Nouvelle-Acquitaine, «le territoire où l'on dénombre le plus grand nombre d'expatriés anglais, notamment en Charente et en Dordogne», a-t-il informé au Figaro. 

Une envie d’obtenir le passeport français qui s’explique par des raisons pratiques et un attachement à l’Europe selon Fiona Mougonot. «Les considérations pratiques sont évidemment importantes pour nos clients, mais leur première motivation est leur désir de rester Européens. Eux qui n'ont pas pu voter, ils sont horrifiés par la perspective du Brexit et se sentent trahis. La France est capitale à leurs yeux, car leur vie est ici; mais au-delà de l'Hexagone, c'est aussi l'Europe qu'ils ne veulent pas abandonner», a-t-elle confié au Figaro.

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