Un film de Bollywood brise le tabou des règles

L'acteur Akshay Kumar dans le film Padman, qui sortira le 16 janvier prochain. [Capture d'écran Youtube / JoBlo Movie Trailers]

Le nouveau film Bollywoodien «Padman» retrace la vie de Arunachalam Muruganantham, à l’origine de la machine à fabriquer des serviettes hygiéniques à bas prix. L’occasion de briser le tabou de la menstruation.  

Twinkle Khanna, le co-producteur du film qui sortira le 26 janvier prochain, a repéré sur Internet l’histoire de l’entrepreneur indien, Arunachalam Muruganantham, et a directement été séduit. «Je pensais que c’était une histoire incroyable qui devait vraiment atteindre chaque foyer en Inde et dans le monde entier, parce que le tabou autour de la menstruation n’est pas seulement en Inde, mais c’est un problème mondial», a confié Twinkle Khanna à la BBC.

Lutter contre le prix élevé des serviettes

L’aventure de Arunachalam Muruganantham a commencé lorsqu'il a constaté que sa femme collectait des chiffons sales et des journaux pour les utiliser lors de ses menstruations. La raison : les serviettes hygiéniques vendues étaient trop chères.  

«C’était un vilain chiffon, elle allait l’utiliser pendant ses règles, alors que je ne l’utiliserais même pas pour nettoyer mon véhicule», a déclaré Arunachalam Muruganantham à la BBC.

Outré par le prix, l'homme a ainsi décidé de se lancer dans la recherche d’une nouvelle alternative. Il a commencé à analyser des serviettes hygiéniques vendues par des entreprises occidentales, à solliciter l’avis de personnes, et même à tester lui-même ses inventions. «Je voulais des volontaires pour essayer mes nouvelles serviettes et qu’on me donne son avis, mais même ma femme ne voulait pas se prêter au jeu».

D’ailleurs, sa femme et sa mère l’ont quitté : «Tout le village pensant que j’avais une maladie sexuelle», a-t-il expliqué. Mais peu importe, Arunachalam Muruganantham a persévéré et a lancé en 2006 «Jayaashree Industries», une ONG qui propose des serviettes hygiéniques abordables en utilisant des machines à bas prix avec des acteurs locaux. Ses machines ont été installées dans 23 des 29 états d’Inde et l’entrepreneur prévoit d’étendre le nombre de ses machines dans 106 pays.

Sa femme est finalement revenue vers lui et le couple a aujourd’hui une fille. Arunachalam Muruganantham se sent heureux de voir sa vie sur grand écran mais préfère mettre en lumière les femmes qui font avancer le mouvement. Malgré son succès, il ne détient aucune action dans son entreprise et gagne environ 70.000 roupies (645 euros) par mois.

Selon certaines estimations, 300 millions de femmes en Inde n’ont pas accès aux produits hygiéniques, ce qui les rend vulnérables aux maladies, à l’infertilité et même à la mort.  

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