La Chine interdit le Hip-Hop et les tatouages à la télévision

Le rappeur chinois PG One (deuxième en partant de la droite) a également fait les frais de la censure des autorités. [AFP].

Considérant les tatouages et le hip-hop comme «insipides, vulgaires et obscènes», la Chine vient purement et simplement de les interdire à la télévision.

Une décision sans appel prise par le principal régulateur des médias du pays : l'Administration générale de la presse, de l'édition, de la radiodiffusion, du cinéma et de la télévision (SAPPRFT), comme l'explique Time magazine.

Cette autorité, placée sous l'autorité directe de l'Etat central chinois, a ainsi modifié ses règles afin qu'aucun programme ne mette en scène des acteurs tatoués ou ne montre du hip-hop, considérés comme des cultures «non dominantes» et «décadentes».

Un rappeur dans le viseur

A l'origine de cette interdiction, officialisée vendredi 19 janvier, l'éviction du rappeur chinois Zhou Yan, connu sous son nom de scène GAI, d'un télécrochet à succès diffusé par la chaîne de télévision Hunan TV. 

Si aucune explication officielle n'a été donnée quant à sa révocation, ses clips ont également été retirés de la chaîne YouTube officielle de Hunan TV. 

Et c'est dans la foulée, que Gao Changli, directeur à la SAPPRFT, a émis quatre nouveaux «interdits», dont l'interprétation, très large, pourrait bien impacter d'autres catégories de personnes : 

- Il est absolument interdit d'employer des acteurs dont le coeur et la moralité ne sont pas alignés avec ceux du parti (le parti communiste chinois, ndlr).

- Il est absolument interdit d'employer des acteurs insipides, vulgaires et obscènes.

- Il est absolument interdit d'employer des acteurs dont le niveau idéologique est faible.

- Il est absolument interdit d'empoyer des acteurs à la réputation entachée par des scandales et dont l'intégrité morale pose question.

Les réseaux sociaux en ébullition 

A peine ces nouvelles règles ont-elles été connues des Chinois que beaucoup d'entre eux ont réagi sur Weibo, l'équivalent local de Twitter, pour exprimer une forme de colère et d'incompréhension.

«La décision de la SARPPFT est tellement dégueulasse ! Ils ne veulent donner aucune chance de survie au hip-hop chinois ! On se croirait revenu à l'Antiquité», dit, par exemple, l'un d'eux cité par Time.

«Comment un gouvernement si cultivé peut-il avoir une telle logique enfantine ?», demande un autre.

Ces derniers mois, au moins trois autres rappeurs ont connu des déboires avec les autorités irritées par la vulgarité ou l'agressivité de certaines paroles.

Wang Hao, alias PG One, également très connu en Chine, a ainsi été obligé de s'excuser au début du mois de janvier après qu'une de ses chansons, «Christmas Eve» («Réveillon de Noël»), ait été critiquée pour avoir «promu la culture de la drogue» et «insulté les femmes».

De son côté, le rappeur Mao Yanqi, alias VaVa, a lui été coupé de l'émission de variétés «Happy Camp» et la musique de Triple H, un rappeur underground influent, a également été retirée des principaux sites de streaming. 

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