Le directeur du FBI se dit prêt à aller au conflit avec Trump

Le directeur du FBI Christopher Wray, le 15 janvier à Washington [Brendan Smialowski / AFP/Archives] Le directeur du FBI Christopher Wray. [Brendan Smialowski / AFP/Archives]

Christopher Wray reconnaît qu'il est discret. Utile lorsqu'on dirige un FBI dans le collimateur de Donald Trump. Mais il est aussi déterminé à ne pas plier devant les pressions politiques. Et cela, il le sait, peut lui valoir son siège.

Il y a six mois seulement, le nouveau directeur de la police fédérale américaine était choisi par le président républicain lui-même, qui venait de limoger sans ménagement son prédécesseur James Comey, accusé d'être partial dans l'enquête sur l'affaire russe.

Un gage de stabilité ? Pas du tout : si le président Trump se décide, comme on lui en prête l'intention, à autoriser la publication d'une note confidentielle très controversée, le directeur du FBI pourrait démissionner, affirme CNN jeudi.

La pomme de la discorde entre MM. Wray et Trump se cristallise dans cette note de quatre pages, rédigée par le président républicain de la Chambre des représentants, Devin Nunes. Elle est bâtie de manière à mettre en cause le FBI et le ministère de la Justice concernant des écoutes sur l'équipe de campagne du milliardaire lors de la présidentielle 2016.

Christopher Wray s'oppose à sa publication, au nom de la préservation d'informations secrètes, tandis que Donald Trump y voit la preuve de ce qu'il avance: les institutions ont des arrières-pensées politiques. Même l'association des agents du FBI (FBIAA) a signalé «apprécier que le directeur Chris Wray se tienne aux côtés des hommes et femmes du FBI».

Défenseur de l'indépendance

Avant cet accroc, le patron du FBI âgé de 50 ans s'était fait discret, comme à son habitude, pour naviguer dans les eaux troubles d'une agence qui s'attire régulièrement les foudres présidentielles.

En août dernier, il avait été confirmé à une écrasante majorité au Sénat, trois mois seulement après le licenciement retentissant de M. Comey, qui dirigeait à l'époque l'enquête sur une possible collusion de l'équipe Trump avec Moscou lors de l'élection de 2016.

L'actuel premier policier des Etats-Unis avait alors séduit les deux camps en affirmant qu'il préférerait démissionner plutôt que de se soumettre à des injonctions politiques. «Il n'y a qu'une bonne façon de faire ce travail, c'est avec une stricte indépendance», avait-il assuré devant la Commission judiciaire du Sénat.

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