Scandale Oxfam : l'ONG présente ses excuses au peuple haïtien

L'entrée des locaux d'Oxfam à Pétion-Ville, dans le district de Port-au-Prince, le 13 février 2018 [HECTOR RETAMAL / AFP/Archives] Le rapport interne remis au gouvernement haïtien décrit en onze pages de nombreuses dérives de la mission humanitaire déployée en Haïti après le séisme meurtrier de 2010.[HECTOR RETAMAL / AFP/Archives]

L'ONG britannique Oxfam a présenté ses excuses au peuple haïtien lundi pour les dérives sexuelles de certains de ses employés, exprimant sa «honte» en remettant aux autorités à Port-au-Prince son rapport d'enquête interne.

Le directeur général d'Oxfam Mark Goldring doit venir mardi à Londres s'expliquer sur ce scandale devant une commission parlementaire britannique, de même qu'un responsable d'une autre organisation humanitaire elle aussi touchée par un scandale, Save the Children.

Le rapport interne remis au gouvernement haïtien décrit en onze pages de nombreuses dérives de la mission humanitaire déployée en Haïti après le séisme meurtrier de 2010. Un responsable y reconnaît avoir payé des prostituées, d'autres employés sont accusés de harcèlement et d'intimidation, et un témoin a été menacé physiquement.

«Nous sommes venus ici (à Port-au-Prince, ndlr) pour exprimer notre honte et nos excuses au gouvernement haïtien et à la population haïtienne pour ce qui s'est passé», a déclaré Simon Ticehurst, directeur régional d'Oxfam pour l'Amérique Latine et les Caraïbes. Il venait de s'entretenir pendant deux heures avec Aviol Fleurant, ministre haïtien de la Planification et de la Coopération externe.

«Nous avons pris de nombreuses mesures pour améliorer les mesures internes de sauvegarde» censées éviter les mauvais comportements, a assuré M. Ticehurst.

Une «obstruction à la justice» ?

«On va maintenant solliciter des rapports de toutes sortes, audits, rapports financiers, dans un souci de reddition de comptes», a déclaré le ministre haïtien. Il s'est interrogé sur une éventuelle «obstruction à la justice» de la part d'Oxfam, car avant la remise du rapport lundi, les autorités haïtiennes n'avaient «jamais été informées de ces crimes commis dans les locaux de l'institution».

Les autorités haïtiennes ont annoncé la semaine dernière vouloir mener leur propre enquête. L'ONG s'était engagée à leur remettre lundi une version intégrale de son rapport rédigé en 2011 et dont une version partiellement censurée a été rendue publique lundi.

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